Le Pentagone a officiellement ajouté lundi des géants technologiques chinois, dont Alibaba, Baidu et BYD, à sa liste d’entreprises liées à l’armée chinoise. Cette mise à jour, qui inclut également WuXi AppTec, CXMT et YMTC, restreint les contrats avec le gouvernement américain tout en exacerbant les tensions géopolitiques entre Washington et Pékin.
Une nouvelle liste noire qui secoue le secteur technologique
Le ministère américain de la Défense a publié ce lundi une mise à jour de sa liste des entreprises jugées soutenir l’appareil militaire de Pékin. Cette décision, rapportée par Boursorama, cible des acteurs majeurs de l’économie chinoise : le géant du commerce électronique Alibaba, le moteur de recherche Baidu, le constructeur automobile BYD, ainsi que des spécialistes des semi-conducteurs et de la robotique comme CXMT, YMTC, Unitree et RoboSense.
Bien que cette désignation n’entraîne pas de sanctions automatiques, elle interdit aux entreprises concernées de contracter avec le gouvernement américain et invite les fournisseurs des États-Unis à une prudence accrue. Cette version remplace une liste éphémère publiée en février 2025, qui avait été retirée précipitamment, provoquant l’ire des responsables politiques américains les plus fermes à l’égard de la Chine.
La réponse indignée des entreprises visées
Face à ces accusations, les groupes concernés ont vivement réagi, rejetant en bloc les liens avec le complexe militaro-industriel chinois. Alibaba a qualifié son inclusion de « sans fondement », précisant que le groupe ne fait partie d’aucune stratégie de fusion entre le civil et le militaire.
"Alibaba n’est pas une entreprise militaire chinoise et ne fait partie d’aucune stratégie de fusion entre le militaire et le civil. Nous engagerons toutes les actions en justice possibles contre toute tentative de déformer la réalité concernant notre entreprise.
De son côté, Baidu a « catégoriquement » rejeté cette désignation, la jugeant « totalement infondée » et promettant d’utiliser tous les moyens à sa disposition pour contester cette décision. La société de biotechnologie WuXi AppTec a également fait part de son intention de contester cette « désignation erronée » auprès des autorités américaines, selon les informations relayées par Zonebourse Suisse.
WuXi AppTec sous pression : volatilité et enjeux financiers
Le cas de WuXi AppTec illustre la vulnérabilité des entreprises chinoises exposées aux marchés occidentaux. Alors que l’entreprise fournit des services de R&D cruciaux à l’industrie pharmaceutique mondiale, sa dépendance géographique est marquée : selon Zonebourse, 53,6 % de son chiffre d’affaires provient des États-Unis.
Les investisseurs observent de près la situation alors que les mouvements de capitaux institutionnels se multiplient. Les données de la HKEX montrent des ajustements récents de la part de grands fonds :
- UBS a porté sa position longue sur les actions H de WuXi AppTec à 7,56 % le 21 mai.
- Morgan Stanley a ajusté sa position à 4,27 % le 21 mai.
- BlackRock a réduit sa participation longue à 4,91 % le 19 mai.
Conséquences géopolitiques et incertitudes commerciales
Cette offensive du Pentagone intervient dans un climat de trêve fragile, moins d’un mois après une rencontre à Pékin entre le président Donald Trump et le dirigeant chinois Xi Jinping. Pour les analystes, cette décision souligne la persistance des préoccupations sécuritaires de Washington, qui considère désormais ces géants de la technologie comme des piliers essentiels au renforcement des capacités militaires de la Chine.

Alors que les entreprises commencent leurs procédures de contestation, l’impact à long terme sur les chaînes d’approvisionnement technologiques et les collaborations de recherche — à l’instar des récents projets de Nvidia avec Unitree pour la robotique — reste incertain. Le Registre fédéral a entériné cette désignation ce lundi, marquant une nouvelle étape dans la concurrence intense que se livrent les deux puissances mondiales pour le leadership industriel et technologique.




