OSCE tente de renouer le dialogue avec Moscou, tout en maintenant son soutien à l’Ukraine
VIENNE – Dans une tentative de relancer les canaux diplomatiques, les hauts responsables de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont effectué cette semaine une visite à Moscou, la première depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022. La mission, menée par le chef par intérim de l’OSCE, le ministre suisse des Affaires étrangères Ignazio Cassis, et le secrétaire général Feridun Hadi Sinirlioglu, visait à réaffirmer l’importance du dialogue, même en période de conflit intense.
Les discussions avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui se sont déroulées jeudi et vendredi, ont duré quatre heures. Cassis a souligné après les entretiens à Vienne que l’objectif principal était de “montrer la volonté de tendre la main et de dire… nous sommes là pour vous parler et vous écouter”. Il a ajouté que la simple volonté de dialoguer constituait “un point de départ”.
“Sans dialogue, il n’y a pas de confiance”, a insisté Cassis devant les journalistes.
Cette initiative intervient alors que des efforts diplomatiques sont en cours pour tenter de mettre fin à la guerre qui dure depuis près de quatre ans. Mercredi et jeudi, des pourparlers trilatéraux impliquant l’Ukraine, la Russie et les États-Unis se sont tenus à Abu Dhabi, sous l’égide de Washington.
L’OSCE, organisation née pendant la Guerre froide et basée à Vienne, cherche à retrouver une place dans l’arène diplomatique après avoir été largement marginalisée par le Kremlin depuis 2022. L’organisation avait déjà déployé une mission de surveillance dans l’est de l’Ukraine en 2014, mais celle-ci a dû se retirer précipitamment après le lancement de l’invasion russe.
L’organisation a également exprimé sa profonde préoccupation concernant le sort de trois citoyens ukrainiens travaillant sous mandat de l’OSCE, arrêtés en avril 2022 et condamnés pour espionnage. Ils sont toujours détenus en Russie ou dans les territoires contrôlés par la Russie. L’OSCE qualifie ces arrestations d'”arbitraires” et s’efforce activement de négocier leur libération.
Sinirlioglu a déclaré qu’il y avait “des progrès” dans ce dossier et qu’il espérait obtenir des résultats “dans les semaines à venir”. Il a ajouté qu’il suivrait la situation “de très près” dans les prochains jours.
La visite de Cassis et Sinirlioglu à Moscou s’est faite après une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kyiv, lundi. L’OSCE a réaffirmé son soutien à l’Ukraine et a souligné la nécessité de mettre fin à la guerre, en insistant sur le lourd bilan humain du conflit.
L’OSCE se positionne également pour jouer un rôle potentiel dans un éventuel processus de paix. Cassis a suggéré que l’organisation pourrait déployer une “mission de surveillance et de vérification” si un cessez-le-feu était négocié. Selon les estimations de l’ONU, le conflit en Ukraine a déjà causé plus de 10 000 morts civils et a déplacé des millions de personnes, créant une crise humanitaire majeure en Europe. L’OSCE, avec son expérience en matière de surveillance et de médiation, pourrait donc apporter une contribution significative à la recherche d’une solution durable.
[Intégration potentielle d’un tweet récent de l’OSCE sur la situation en Ukraine : Rechercher sur X.com (anciennement Twitter) le compte officiel de l’OSCE et intégrer un tweet pertinent.]
