YouTube recommande toujours des vidéos sur les troubles alimentaires aux adolescents, dénonce une étude
Une nouvelle étude menée par le Center for Countering Digital Hate (CCDH) révèle que l’algorithme de recommandation de YouTube continue de suggérer des contenus liés aux troubles alimentaires à des utilisateurs adolescents. Malgré l’existence de nouvelles règles visant à protéger les mineurs au Royaume-Uni, ces vidéos demeurent accessibles sur la plateforme.
Nature des contenus dangereux identifiés
Les recherches du CCDH ont mis en évidence plusieurs types de contenus préoccupants diffusés auprès des jeunes utilisateurs. Parmi les exemples identifiés figurent :
- Des vidéos « thinspo » (contraction de « thinspiration ») compilant des images de jeunes filles idéalisant une minceur extrême.
- Des séquences faisant la promotion de régimes alimentaires extrêmement restrictifs, avec un apport quotidien limité à 170 calories, un niveau jugé dangereux pour la santé des adolescents.
- Des vidéos affirmant favoriser la perte de poids par des méthodes subliminales, redirigeant les utilisateurs vers des documents promettant des corps squelettiques.
Alexandra Johnson, directrice de recherche senior au CCDH, a souligné la gravité de la situation en précisant qu’un « petit coup de pouce algorithmique » peut suffire à entraîner des utilisateurs vulnérables dans des situations très dangereuses. « Mais une seule vidéo est déjà de trop », a-t-elle ajouté.
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L’inefficacité des panneaux de crise
L’étude s’est également penchée sur l’utilisation des « panneaux de crise ». Il s’agit de boîtes bleues affichées sous les vidéos traitant de sujets sensibles, censées rediriger les internautes vers des services de soutien spécialisés.
Les conclusions du rapport pour l’année 2026 indiquent qu’aucune des vidéos identifiées comme faisant la promotion de troubles alimentaires n’a déclenché l’affichage de ces panneaux d’avertissement. Ces derniers sont toutefois apparus sur d’autres contenus relatifs à l’image corporelle ou aux régimes que le CCDH n’avait pas classés comme potentiellement dangereux.
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La réponse de YouTube
Google, maison-mère de YouTube, a réagi en affirmant que sa priorité absolue demeure le bien-être de ses spectateurs. La plateforme précise qu’elle collabore avec des experts, notamment le NHS, Mind et The Mix, pour affiner ses approches en matière de santé mentale.
La porte-parole de YouTube a confirmé que la plateforme interdit le contenu encourageant les troubles alimentaires tout en autorisant le partage de témoignages sur le rétablissement. En réponse au rapport du CCDH, les vidéos incriminées ont été retirées pour violation des règles de la communauté. De plus, YouTube a mis en place des vidéos spécialement sélectionnées par des experts, qui apparaissent désormais lorsqu’un compte adolescent effectue des recherches sur des thématiques comme la dépression ou les troubles alimentaires.
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Contexte de l’étude
Le choix de cibler YouTube pour cette recherche s’explique par la popularité massive de la plateforme auprès des mineurs. Selon des chiffres d’Ofcom, 88 % des jeunes âgés de 3 à 17 ans utilisent le service. Bien que les chercheurs reconnaissent que la régulation a un impact, ils estiment que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour empêcher que ce type de contenu ne parvienne aux utilisateurs les plus exposés.
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