La répression s’étend : Téhéran menace de saisir les biens des Iraniens de la diaspora soutenant Israël et les États-Unis
Téhéran, Iran – Dans un geste de plus en plus agressif, le gouvernement iranien a menacé de confisquer les biens des citoyens iraniens vivant à l’étranger qui exprimeraient leur soutien aux États-Unis et à Israël dans le cadre du conflit actuel. L’annonce, faite par le bureau du procureur général, cible spécifiquement ceux qui "sympathisent, soutiennent ou coopèrent avec l’ennemi américano-sioniste", promettant des "pénalités légales" en plus de la saisie des biens.
Cette escalade intervient après les frappes américano-israéliennes qui ont conduit à la mort de l’ancien Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et alors que des membres de la diaspora iranienne célèbrent publiquement ces événements dans plusieurs villes des États-Unis et ailleurs. Ces célébrations contrastent fortement avec la période de deuil de 40 jours décrétée par le régime iranien.
La décision de Téhéran s’appuie sur une loi existante autorisant la saisie des biens de ceux qui coopèrent avec des gouvernements ou des groupes considérés comme "hostiles" aux intérêts de la sécurité iranienne.
L’annonce survient également après la confirmation de la succession de Mojtaba Khamenei à son père en tant que nouveau Guide suprême, signalant une continuation de la ligne dure du régime en place depuis la révolution islamique de 1979. Le président américain Donald Trump a déjà exprimé son mécontentement face à cette nomination, qualifiant Mojtaba Khamenei d’"inacceptable".
Un soutien au régime en baisse
Le contexte de cette répression est crucial. Un rapport publié en août 2025 par le Groupe pour l’analyse et la mesure des attitudes en Iran (GAMAAN) révèle qu’en 2024, seulement 20 % des Iraniens soutenaient la poursuite de la République islamique. La majorité aspirait à un changement de système politique.
Aux États-Unis, on comptait 750 000 Iraniens en 2024, selon le Pew Research Center, un nombre significatif qui pourrait être affecté par cette nouvelle politique.
Conséquences économiques et tensions internationales
Parallèlement à cette escalade politique, la guerre en Iran, qui en est à son 10e jour, continue de perturber le commerce mondial. Le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle, est au point mort, entraînant une flambée des prix du pétrole brut, qui ont dépassé les 100 dollars le baril pour la première fois depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Les ministres des Finances du G7 ont tenu une réunion d’urgence lundi pour discuter de la situation et envisager des mesures pour stabiliser les marchés. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a confirmé que toutes les options étaient à l’étude, y compris la libération de stocks d’urgence de pétrole. L’AIE dispose actuellement de plus de 1,2 milliard de barils de stocks d’urgence.
Trump a exigé une "capitulation inconditionnelle" de l’Iran, une demande rejetée avec fermeté par Téhéran. La situation reste donc extrêmement tendue, avec des conséquences potentielles importantes pour la stabilité régionale et l’économie mondiale.
