Le président Donald Trump a annoncé vendredi qu’il prendrait une décision concernant un accord visant à rouvrir le détroit d’Ormuz et à démanteler les capacités nucléaires iraniennes. Pendant ce temps, les négociations entre Washington et Téhéran se poursuivent, bien que les deux parties peinent encore à s’accorder sur certains points linguistiques cruciaux.
Une gestion du détroit au cœur des tensions diplomatiques
La situation dans le détroit d’Ormuz demeure l’un des points de friction les plus inflammables de la géopolitique actuelle. Alors que le président Trump a réaffirmé mercredi que « personne ne contrôlera » cette voie navigable stratégique, les autorités iraniennes soutiennent une vision radicalement différente. Ebrahim Rezaei, porte-parole de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère, a affirmé vendredi sur la plateforme X que la gestion iranienne du passage était déjà une réalité mondiale établie.
Selon le porte-parole iranien, les navires étrangers doivent obtenir une autorisation et s’acquitter de frais pour transiter sous la surveillance du Corps des gardiens de la révolution islamique. Pour Téhéran, le président américain est le seul dirigeant mondial à contester cette autorité de fait.
« La seule personne qui n’a pas accepté cela ou qui ne veut pas l’accepter est Trump. De temps en temps, il envoie son armée pour ‘ouvrir le détroit’, ils viennent, se font battre et retournent. »
Le commandement central des États-Unis (CENTCOM) a rejeté ces affirmations, rappelant dans un communiqué officiel publié jeudi que les forces navales américaines maintiennent une présence permanente dans le Golfe pour garantir la liberté de navigation conformément au droit international. Le Pentagone a précisé que les patrouilles de la Cinquième flotte, basée à Bahreïn, continuent d’escorter les navires marchands battant pavillon étranger pour prévenir toute saisie illégitime par les forces iraniennes, lesquelles ont multiplié les interceptions de pétroliers au cours des derniers mois.
Le rôle complexe d’Oman et la nouvelle autorité maritime
Au centre de cette stratégie, l’Iran cherche à formaliser son emprise via la création de la Persian Gulf Strait Authority (PGSA). Cette entité, selon les responsables iraniens, aurait pour mission de coordonner le trafic maritime et d’assurer la collecte des redevances. En réponse, les États-Unis ont annoncé jeudi des sanctions ciblant spécifiquement cette autorité. Le Trésor américain, par l’intermédiaire du Bureau de contrôle des actifs étrangers (OFAC), a indiqué que toute entité commerciale coopérant avec la PGSA s’exposerait à une exclusion immédiate du système financier américain, visant ainsi à paralyser la capacité de Téhéran à monétiser le passage maritime.
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Le président Trump a également évoqué le rôle d’Oman, pays voisin partageant le littoral du détroit. Dans un avertissement direct, il a déclaré que « l’Oman se comportera exactement comme tout le monde ou nous devrons les faire exploser », avant d’ajouter avec une assurance marquée : « Ils comprennent cela. Ils iront bien. » Ces propos ont provoqué une vive réaction à Mascate. Le ministère omanais des Affaires étrangères a publié une note diplomatique samedi soulignant que le Sultanat maintient une politique de neutralité historique et qu’il n’a jamais reconnu la légitimité de la PGSA. Des sources diplomatiques proches du dossier ont confirmé que le Sultan d’Oman, Haitham ben Tariq, aurait transmis des assurances privées à Washington, réaffirmant son engagement envers la sécurité maritime internationale et la préservation du statu quo juridique dans les eaux territoriales partagées.
L’incertitude persistante sur l’accord global
Parallèlement aux enjeux maritimes, le cadre plus large d’un accord diplomatique reste suspendu à des détails techniques. Le vice-président américain JD Vance a précisé que les discussions piétinent encore sur des questions de formulation. Ces échanges portent notamment sur les résolutions relatives au programme nucléaire iranien.

Le Département d’État a indiqué, lors d’un point presse tenu vendredi, que les points de blocage concernent spécifiquement les mécanismes de vérification et d’inspection inopinée des sites nucléaires de Natanz et Fordo. Alors que Téhéran demande une levée graduelle des sanctions économiques en échange d’un gel de l’enrichissement d’uranium à 60 %, l’administration Trump exige un démantèlement complet des centrifugeuses avancées avant toute signature. Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale a souligné que les “lignes rouges” fixées par la Maison Blanche ne sont pas négociables, malgré les pressions exercées par certains alliés européens qui craignent une escalade régionale incontrôlée.
La position de l’administration Trump demeure prudente. Bien que le président soit en mesure d’approuver un éventuel pacte, la décision finale n’est pas encore actée. Le processus actuel se résume à des allers-retours diplomatiques constants, les deux nations tentant de finaliser des points de langage qui pourraient soit stabiliser la région, soit accentuer les divisions existantes.
Le climat de méfiance reste palpable. Des rapports de renseignement déclassifiés, transmis au Congrès mercredi, suggèrent que l’Iran continue de renforcer ses capacités de défense côtière par le déploiement de missiles antinavires de type « Noor » le long de la côte méridionale. Ces mouvements, observés par imagerie satellite, sont perçus par les analystes du renseignement militaire comme une tentative de Téhéran d’augmenter son pouvoir de négociation à la table des discussions. En réponse, la Maison Blanche a ordonné le renforcement des systèmes de défense antimissile Patriot stationnés sur les bases américaines de la région, une mesure qualifiée de « purement défensive » par le secrétaire à la Défense lors de son audition devant la commission des forces armées du Sénat.
À ce jour, le monde observe si les concessions mutuelles suffiront à transformer cette gestion unilatérale revendiquée par Téhéran en un mécanisme internationalement reconnu, ou si la confrontation militaire restera l’issue privilégiée par Washington pour garantir la liberté de navigation.
