Lors d’une réunion à Shanghai cette semaine, les responsables du Partenariat politique sur les femmes et l’économie de l’APEC ont examiné les moyens de renforcer la participation des femmes à l’économie numérique et à la transition verte. Cette initiative vise à lever les barrières structurelles limitant les opportunités économiques féminines dans la région Asie-Pacifique.
Les discussions menées par les décideurs et les experts au sein du Partenariat politique sur les femmes et l’économie (PPWE) de l’APEC mettent en lumière une nécessité urgente : adapter les cadres économiques aux mutations technologiques et environnementales rapides. À Shanghai, l’accent a été mis sur la manière dont les femmes peuvent non seulement intégrer ces nouveaux secteurs, mais aussi exercer un leadership au sein de ceux-ci.
Le fossé numérique et les défis de la formation STEM
L’un des obstacles majeurs identifiés lors des sessions de travail concerne la sous-représentation des femmes dans les disciplines techniques. Selon les données du Tableau de bord de l’APEC sur les femmes et l’économie, moins de 30 % des femmes participent aux domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques à travers les économies de l’APEC
. Cette disparité statistique freine directement l’implication des femmes dans l’économie numérique et entrave la création de systèmes technologiques qui soient véritablement inclusifs.
Les discussions ont porté sur la nécessité de combler les lacunes persistantes en matière de compétences numériques, d’accès aux outils technologiques et de représentation. L’essor de l’intelligence artificielle et des secteurs pilotés par la donnée exige une mise à niveau rapide des formations pour éviter que les femmes ne soient marginalisées par cette nouvelle révolution industrielle.
La transition verte comme moteur d’inclusion
Au-delà du numérique, la transition vers une économie verte constitue un autre axe de réflexion central pour les membres de l’APEC. Les experts ont souligné que les changements environnementaux et les nouvelles politiques de décarbonation créent des opportunités économiques qui doivent être accessibles à tous.
L’objectif affiché est de s’assurer que les industries émergentes liées à la durabilité et à la protection de l’environnement ne reproduisent pas les inégalités de genre observées dans les secteurs traditionnels. Cela implique d’améliorer l’accès des femmes à l’entrepreneuriat vert et de soutenir leur montée en compétences pour occuper des postes de décision dans les économies qui se restructurent autour de la durabilité.
L’impératif stratégique pour les économies de l’APEC
Pour la présidence du PPWE, l’intégration des femmes n’est pas seulement une question d’équité, mais un moteur de croissance indispensable pour la région. Zhang Jianmin, Présidente par intérim du Partenariat politique sur les femmes et l’économie, a rappelé l’importance de ce levier lors des interventions à Shanghai.
Les femmes sont une force critique pour la croissance économique dans la zone Asie-Pacifique, jouant un rôle unique et indispensable dans notre prospérité partagée. Alors que le nouveau cycle de révolution scientifique et technologique et de transformation industrielle s’intensifie, les transitions numériques, intelligentes et vertes, tirées par l’innovation, sont devenues de nouveaux points de croissance pour les économies membres de l’APEC. Libérons davantage le rôle des femmes en tant qu’actrices clés et agents de changement dans le développement économique, assurons que les fruits du développement bénéficient à plus de personnes dans la région Asie-Pacifique, y compris les femmes, et qu’elles apportent de plus grandes contributions au développement à long terme et à la prospérité partagée de la région, ainsi qu’à la construction d’une communauté Asie-Pacifique.
Zhang Jianmin, Présidente par intérim du Partenariat politique sur les femmes et l’économie de l’APEC
L’APEC, qui regroupe 21 économies de la zone Pacifique et dont le siège est situé à Singapour, continue de chercher des approches politiques pour transformer ces défis en opportunités de croissance inclusive. La capacité des États membres à lever les barrières structurelles déterminera si la prospérité de la région sera partagée de manière équitable face aux transformations technologiques et environnementales en cours.
