Les États-Unis assouplissent les règles de fonds propres bancaires de Bâle III, suscitant des critiques
Washington – Les régulateurs bancaires américains ont annoncé un revirement majeur dans la mise en œuvre des normes de fonds propres de Bâle III, abandonnant les exigences de plancher de sortie qu’ils avaient initialement soutenues. Cette décision, révélée le 19 mars 2026, intervient après des mois de débat et de pressions de la part de l’industrie bancaire américaine.
La décision signifie que les banques américaines auront plus de flexibilité dans l’utilisation de leurs propres modèles internes pour calculer leurs exigences en matière de fonds propres. Ces modèles, souvent plus favorables aux banques que les formules standardisées, pourront désormais s’écarter davantage des niveaux minimaux fixés par les régulateurs.
Michelle Bowman, vice-présidente de la supervision de la Réserve fédérale, a justifié cette approche en rejetant une "adhésion aveugle" aux normes internationales. De son côté, le secrétaire au Trésor, Janet Yellen, a critiqué les "déviations à la baisse" dans la règle américaine, signalant des tensions internes au sein de l’administration.
Les normes de Bâle III, élaborées par le Comité de surveillance bancaire (CSB), visent à renforcer la résilience du système financier mondial après la crise de 2008. Les "planchers de sortie" étaient conçus pour limiter l’écart entre les exigences en matière de fonds propres calculées par les banques à l’aide de leurs propres modèles et celles calculées à l’aide de méthodes standardisées.
L’abandon de ces planchers aux États-Unis soulève des inquiétudes quant à la possibilité d’une sous-capitalisation des banques et d’une prise de risque excessive. Les critiques craignent que cette décision ne sape les efforts mondiaux visant à renforcer la stabilité financière.
Cette volte-face intervient après une longue et complexe mise en œuvre des réformes post-crise de Bâle III aux États-Unis. Le processus a été marqué par des retards et des modifications successives, reflétant les difficultés à concilier les objectifs de réglementation prudentielle avec les préoccupations de l’industrie bancaire.
Les acteurs du marché surveilleront attentivement les prochaines étapes de la mise en œuvre de ces règles, notamment la proposition révisée que Michelle Bowman doit présenter. L’avenir des normes de fonds propres bancaires aux États-Unis, et leur impact sur la stabilité financière mondiale, reste incertain.
