Survivantes d’excision mènent des campagnes de sensibilisation en Afrique et en Europe

Après avoir participé à une réunion organisée par la Communication for Development Foundation Uganda (CDFU), Ms. Chepoteltel a compris que ses problèmes de santé persistants, y compris ses complications à l’accouchement, trouvaient leur origine dans l’excision qu’elle avait subie durant son enfance. Devenue mère de deux filles âgées de 7 et 8 ans, elle s’investit désormais pleinement dans la sensibilisation communautaire.

L’engagement de Ms. Chepoteltel et la campagne contre les mutilations

Elle participe activement à la campagne Make Happiness Not Violence, une initiative soutenue par la Spotlight Initiative et ONU Femmes. Malgré ses craintes initiales de faire l’objet de représailles au sein de sa communauté, elle parourt son village pour plaider en faveur d’une tolérance zéro envers cette pratique.

Ms. Chepoteltel, militante et survivante, a déclaré que chaque fois qu’elle les voyait, elle imaginait qu’elles subissaient ce qu’elle avait enduré et que son cœur se contractait, tout en maudissant la pratique des mutilations génitales féminines et en refusant qu’aucune de ses filles ne traverse ce processus qui avait failli lui coûter la vie, ajoutant qu’elle leur parlait désormais des dangers des mutilations génitales féminines et qu’elle faisait le serment de ne jamais permettre à ses filles de subir de telles mutilations (le service des partenariats internationaux de la Commission européenne).

Le parcours de Sara Kahsai et la confrontation familiale

De son côté, Sara Kahsai a quitté le Soudan pour s’installer à Birmingham, en Angleterre, en 2022, après avoir épousé un conducteur de bus de la ville. C’est en s’installant dans sa nouvelle vie conjugale qu’elle a découvert qu’elle était une victime-survivante de mutilations génitales féminines, une réalité qui a entraîné de lourdes répercussions dans son quotidien et ses relations intimes.

Sara Kahsai a confié que le choc avait été massif et que cela avait rendu difficile sa relation physique avec son mari, bien que celui-ci ait été très aimant et très patient avec elle (BBC News).

A woman with black hair, tied back, large gold earrings is smiling at the camera. She is wearing a brown cardigan
Photo: bbc.co.uk

Face à cette découverte bouleversante, elle a interpellé sa mère restée en Afrique pour lui demander des explications sur ce choix imposé durant son enfance. Sa mère a expliqué qu’il s’agissait alors d’une norme culturelle généralisée, tout en exprimant de profonds regrets lors de leur échange téléphonique.

I was a baby. It was the culture to do it for everybody. When I spoke to my mum she was really upset and she apologised to me. Sara Kahsai, rapportant les propos de sa mère via BBC News

Poursuivre la sensibilisation des communautés

L’action des survivantes démontre une volonté partagée de briser le silence pour protéger les jeunes générations. Qu’il s’agisse de s’adresser directement aux hommes ou de sensibiliser les familles, le travail d’information se poursuit pour enrayer ces pratiques traditionnelles néfastes.

A woman standing in front of bushes
Photo: international-partnerships.ec.europa.eu

Ms. Chepoteltel a affirmé que maintenant qu’elles disposaient d’une tribune, elle continuerait à sensibiliser les communautés aux mutilations génitales féminines et à témoigner contre ces pratiques, même auprès des hommes, parce qu’elle en connaissait les dangers, prévenant que si elle gardait le silence, leurs filles traverseraient beaucoup de douleur et de souffrance, et concluant qu’elles continueraient à parler aux mères, aux pères et aux filles elles-mêmes des dangers des mutilations génitales féminines et à décourager l’excision, sans jamais baissez les bras (le service des partenariats internationaux de la Commission européenne).

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