Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions : les marchés pétroliers en état d’alerte
Washington – Les marchés mondiaux du pétrole et du gaz sont sur le qui-vive, l’avenir du détroit d’Ormuz étant de nouveau au centre des manœuvres géopolitiques iraniennes. Téhéran, reprenant une stratégie des années 1980, tente de déstabiliser l’approvisionnement mondial, mais l’histoire suggère que ces tactiques se révèlent rarement fructueuses pour le régime.
Après une journée volatile, les prix du pétrole se sont stabilisés, l’administration Trump déployant des mesures pour apaiser les marchés. Parmi ces mesures, la suspension potentielle de la loi Jones, un texte centenaire qui réserve le transport de pétrole entre les ports américains aux navires et équipages américains, une décision exceptionnelle.
Pour calmer les tensions, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a annoncé une dérogation de 30 jours permettant aux pays d’acquérir des barils de pétrole russe sanctionnés, bloqués en mer depuis plus d’un mois. Cette initiative vise à atténuer le chaos provoqué par les tensions avec l’Iran et à assurer la continuité de l’approvisionnement. Bessent a souligné que la stabilité est la priorité, même si cela implique de revoir temporairement les règles en vigueur.
Selon Kirill Dmitriev, de l’entreprise russe, cette dérogation pourrait libérer jusqu’à 100 millions de barils de pétrole, soit l’équivalent d’une journée d’offre mondiale.
L’administration Trump envisage également la mise en place d’une coalition internationale pour escorter les pétroliers dans le détroit d’Ormuz, assurant ainsi la sécurité des opérations maritimes. Bessent a précisé que les navires iraniens et chinois transitent actuellement sans incident dans la région.
Des risques persistants et une volatilité accrue
Malgré les efforts de désescalade, la situation reste fragile. Les traders pétroliers anticipent une forte volatilité, avec la possibilité d’une nouvelle flambée des prix en cas d’escalade des tensions, notamment si des informations concernant le minage du détroit d’Ormuz s’avèrent exactes ou si des attaques contre des navires ou des infrastructures pétrolières se multiplient.
Le président Trump a exprimé son optimisme, affirmant, lors d’une réunion virtuelle avec les dirigeants du G7, que l’Iran est "sur le point de capituler", se félicitant du succès de l’opération "Epic Fury".
Crise énergétique en Californie
Parallèlement aux tensions géopolitiques, la Californie est confrontée à sa propre crise énergétique, aggravée par des politiques internes. La fermeture d’une raffinerie et d’un pipeline a contraint les producteurs de pétrole à transporter leurs barils par camion sur une distance de 50 miles, augmentant les coûts et les prix à la pompe. Cette situation survient alors que le gouverneur Newsom envisage une candidature à la Maison Blanche et que les Californiens paient déjà les prix de l’essence les plus élevés du pays.
Météo extrême et stocks de gaz naturel
Les marchés énergétiques sont également perturbés par des conditions météorologiques extrêmes aux États-Unis, avec une tempête majeure qui affecte des millions de personnes et des chutes de températures brutales.
Cependant, les stocks de gaz naturel aux États-Unis restent confortables, avec un niveau supérieur de 8,3% par rapport à l’année précédente, ce qui rassure quant à la fiabilité de l’approvisionnement.
Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer l’évolution des marchés pétroliers, avec des risques de fortes fluctuations à la hausse ou à la baisse. Les traders restent vigilants, surveillant à la fois le détroit d’Ormuz et les écrans de cotation.
