Starbucks et son syndicat, un bras de fer qui s’éternise et inquiète les investisseurs
NEW YORK – Les négociations entre Starbucks et Workers United, le syndicat représentant une partie de ses employés, patinent, menaçant de freiner la tentative de relance du géant du café aux États-Unis. Après des mois de tensions, de grèves et de propositions rejetées, l’impasse actuelle suscite l’inquiétude des investisseurs, à l’approche de l’assemblée générale annuelle de l’entreprise prévue le 25 mars.
Workers United a présenté à Starbucks, le mois dernier, une proposition de contrat ambitieuse, mais selon le syndicat, la direction n’a pas encore répondu sur le fond. Parmi les revendications clés figurent des protections contre les discriminations et les licenciements abusifs, un salaire de départ plancher de 17 dollars de l’heure (revu à la baisse par rapport à une proposition initiale de 20 dollars), des augmentations annuelles de 4%, et un processus de résolution des griefs impliquant les employés, la direction et les représentants syndicaux. Les baristas demandent également un code vestimentaire approuvé par le syndicat, un minimum de trois employés par service, et la priorité d’heures de travail pour les employés actuels avant d’embaucher du nouveau personnel. Enfin, le syndicat exige la résolution de centaines de plaintes pour pratiques déloyales.
Starbucks affirme vouloir reprendre les discussions dès ce mois-ci. Jaci Anderson, porte-parole de l’entreprise, a déclaré que Starbucks avait proposé de reprendre les négociations en personne le 30 mars et de rester disponible pour des discussions tout au long du mois d’avril.
Ce conflit social s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes. En décembre 2024, les négociations formelles entre Starbucks et Workers United avaient déjà atteint un point mort. Une tentative de médiation a échoué en avril 2025, les délégués syndicaux rejetant une offre économique jugée insuffisante. Durant la période des fêtes de fin d’année, des grèves ont éclaté dans plus de 40 villes, entraînant la fermeture temporaire de plusieurs magasins, bien que Starbucks affirme que cela n’ait pas eu d’impact significatif sur ses résultats.
La situation est d’autant plus délicate que des investisseurs, menés par SOC Investment Group, appellent à voter contre la réélection de deux administrateurs, Jørgen Vig Knudstorp et Beth Ford, en raison de leur rôle dans la gestion des relations avec les employés. La firme de conseil Glass Lewis a recommandé de voter contre la réélection de Beth Ford, présidente du comité de nomination et de gouvernance d’entreprise.
Ce bras de fer pourrait constituer un obstacle majeur à la tentative de Starbucks de relancer ses activités aux États-Unis. Le groupe a enregistré une reprise du trafic en magasin au dernier trimestre, mais la persistance des conflits sociaux pourrait compromettre ces progrès. Dans son dernier rapport annuel, Starbucks a d’ailleurs identifié les risques liés à d’éventuelles nouvelles grèves et à une détérioration de sa réputation.
Workers United représente actuellement environ 6% des magasins Starbucks détenus par l’entreprise aux États-Unis. L’issue de ce conflit déterminera non seulement les conditions de travail de milliers de baristas, mais aussi l’avenir des relations sociales au sein du géant du café.
