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Soudan : la guerre s’étend, l’implication des Émirats et des risques régionaux

Soudan au bord du gouffre : une guerre régionale menace la Corne de l’Afrique

Par [Votre Nom], Rédacteur en chef international, nouvelles-du-monde.com

KHARTOUM, Soudan – Plus de 1 000 jours de combats ont plongé le Soudan dans une guerre civile dévastatrice, mais la situation s’aggrave rapidement. Les analystes craignent que le conflit ne s’étende au-delà des frontières soudanaises, menaçant de déstabiliser l’ensemble de la Corne de l’Afrique et de perturber le commerce maritime vital de la mer Rouge.

Le Soudan est de facto divisé entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF), des groupes paramilitaires. Alors que les combats se concentrent désormais dans la région centrale du Kordofan, des inquiétudes grandissent quant à l’ouverture d’un nouveau front par les RSF, avec le soutien des Émirats arabes unis (EAU), via l’Éthiopie.

“Cette escalade pourrait effacer les frontières qui ont nominalement contenu ce conflit et déclencher de nouvelles violences dans toute la région de la Corne de l’Afrique et au-delà”, avertit un rapport récent de Foreign Policy.

Le rôle trouble des Émirats arabes unis

Les Émirats arabes unis sont accusés d’être le principal soutien financier et logistique des RSF. Initialement, les livraisons d’armes se faisaient via le Tchad, mais après une publicité indésirable, les EAU ont diversifié leurs routes d’approvisionnement, utilisant la Libye orientale, le Soudan du Sud et la région du Puntland en Somalie. Des sources indiquent désormais que les EAU pourraient aider les RSF à établir une nouvelle base dans la région de Benishangul-Gumuz en Éthiopie, une zone stratégique abritant le Grand barrage éthiopien Renaissance (GERD).

Des rapports d’intelligence open source ont suivi des envois d’armes et de possibles déploiements de mercenaires vers l’Éthiopie, suscitant l’inquiétude des responsables des SAF, qui accusent l’Éthiopie d’héberger, d’armer et de fournir un soutien logistique aux RSF. Des affrontements ont déjà éclaté près de la frontière éthiopienne, avec des frappes aériennes soudanaises ciblant des milices affiliées aux RSF.

Washington s’alarme et envoie un émissaire

Washington est de plus en plus préoccupé par les conséquences d’une guerre régionale. Un conflit plus large menacerait la politique américaine en mer Rouge, compromettrait les efforts de lutte contre le terrorisme et de sécurisation maritime, et pourrait faciliter l’influence de l’Iran dans la région.

Le Secrétaire d’État adjoint Christopher Landau s’est récemment rendu en Égypte, en Éthiopie, au Kenya et à Djibouti pour tenter de désamorcer la crise. Cependant, les États-Unis doivent désormais, selon des sources diplomatiques, établir des “lignes rouges” claires avec les EAU pour éviter une escalade imprudente du conflit.

Les tensions régionales s’intensifient

L’implication de l’Éthiopie pourrait également raviver les tensions avec l’Érythrée et l’Égypte. L’Érythrée, déjà accusée de soutenir les SAF, pourrait profiter de la situation pour relancer son conflit avec l’Éthiopie. L’Égypte, quant à elle, craint que le contrôle des RSF sur le Darfour n’aggrave l’instabilité à sa frontière et n’augmente le nombre de réfugiés soudanais sur son territoire, qui s’élève déjà à 1,5 million.

L’Égypte a commencé à coordonner des frappes aériennes et de drones avec la Turquie contre les lignes d’approvisionnement des RSF près de sa frontière avec la Libye. Le Caire a également intensifié la pression sur l’Éthiopie pour qu’elle renégocie les conditions d’utilisation du GERD, qu’elle considère comme une menace existentielle.

Rivalité saoudienne-émiratie

La compétition croissante entre l’Arabie saoudite et les EAU au Soudan et dans la région est un facteur clé de l’escalade. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane aurait demandé au président Trump de faire pression sur les EAU pour qu’ils mettent fin à leur soutien aux RSF. En réponse, les EAU auraient soutenu une tentative de prise de pouvoir par leurs alliés yéménites contre les forces soutenues par l’Arabie saoudite dans le sud du Yémen.

Riyadh a également pris des mesures pour contrer l’influence des EAU, notamment en concluant un accord d’armes de 1,5 milliard de dollars avec le Pakistan pour fournir à l’armée soudanaise des avions et des systèmes de défense aérienne. L’Arabie saoudite a également exercé des pressions sur la Libye pour qu’elle ferme sa base aérienne de Kufrah, utilisée par les EAU pour acheminer des fournitures aux RSF.

Vers une désescalade ?

La communauté internationale, sous la direction de Washington, doit agir pour empêcher l’émergence d’un axe Éthiopie-EAU dans la guerre soudanaise. Les experts suggèrent que les États-Unis devraient désigner les RSF comme organisation terroriste et engager des négociations avec les EAU pour trouver un compromis qui tienne compte de leurs intérêts.

Il est également crucial de conditionner le soutien international à l’Éthiopie à son abstention de toute implication dans le conflit soudanais. Les États-Unis pourraient également jouer un rôle de médiateur dans le différend concernant le GERD, en tenant compte des dynamiques complexes au Soudan.

Enfin, l’inclusion de la Turquie et du Qatar dans les efforts de médiation pourrait élargir la portée des négociations et contribuer à une résolution durable du conflit.

La mer Rouge est déjà devenue l’une des zones les plus contestées au monde. Une nouvelle escalade au Soudan pourrait avoir des conséquences désastreuses, exacerbant la crise humanitaire, perturbant le commerce international et offrant des opportunités aux acteurs malveillants. L’administration Trump doit agir avec détermination pour prévenir ce scénario.

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