« Quelque chose de familier » : une cinéaste britannique-roumaine explore les traumatismes familiaux et les stéréotypes sur les orphelins roumains
Copenhague, Danemark – Le Festival International du Film Documentaire de Copenhague (CPH:DOX) accueillera la première mondiale du documentaire « Quelque chose de familier » de Rachel Taparjan, le 17 mars. Le film, qui concourt dans la section principale du festival, explore les liens familiaux, les traumatismes intergénérationnels et les récits dominants sur les orphelins roumains.
Rachel Taparjan, cinéaste et universitaire britannique-roumaine, est professeure à l’Université de Teesside en Angleterre. « Quelque chose de familier » marque ses débuts en tant que réalisatrice de long métrage, après avoir réalisé plusieurs courts métrages documentaires.
Le film suit Taparjan alors qu’elle accompagne Mihaela dans sa recherche de sa mère biologique en Roumanie, un voyage qui la conduit à revisiter son propre passé familial et à déterrer un héritage douloureux. « Le film est vraiment sur l’alchimie du traumatisme et le dépassement du traumatisme », explique Taparjan dans une interview accordée à The Hollywood Reporter.
« Quelque chose de familier » se distingue par son approche hybride, mêlant le récit du voyage en Roumanie à des scènes où la cinéaste « engage » des actrices pour incarner sa mère, qu’elle n’a jamais vraiment connue, lors de conversations mises en scène. Cette technique, selon Taparjan, lui permet d’explorer l’archétype maternel et de donner une voix à l’absence.
Le film aborde également la question des stéréotypes occidentaux sur les orphelins roumains, que Taparjan considère comme un « antagoniste » sous-jacent à son récit. Elle critique la représentation souvent sensationnaliste et déformée de la situation des enfants roumains dans les médias occidentaux, soulignant que ces images contribuent à la stigmatisation et à la perpétuation de préjugés. « Pourquoi ce serait une identité honteuse ? », se demande-t-elle. « Ce n’est pas la faim, ce n’est pas avoir trop chaud ou trop froid, ce n’est pas la biologie. C’est quelque chose qui vient de la culture, des histoires qu’on m’a racontées. »
Taparjan insiste sur l’importance d’une approche sensible et éthique dans la réalisation de films traitant de sujets traumatiques. Elle a travaillé avec une consultante psychologique pour soutenir Mihaela et sa sœur, et a même inversé les rôles lors d’une interview avec sa sœur, lui permettant de poser les questions et de reprendre le contrôle du récit. « Il y a tellement de place pour développer une approche informée par le traumatisme dans la production cinématographique », affirme-t-elle.
Produit par Manifest Film (Roumanie) et My Accomplice (Royaume-Uni), en association avec Shudder Films, « Quelque chose de familier » est distribué par Stranger Films Sales. Le film est une exploration poétique et personnelle des liens familiaux, de l’identité et de la possibilité de réécrire les récits du passé. Taparjan s’inspire de documentaires hybrides tels que Quatre filles, Dick Johnson is Dead et Casting JonBenét pour son approche narrative innovante.
