Soins virtuels en Ontario : un accès aux spécialistes toujours inégal pour les populations rurales
Toronto, Canada – une nouvelle étude révèle que l’expansion des soins virtuels en Ontario n’a pas permis de réduire significativement les distances parcourues par les patients ruraux pour consulter des spécialistes, remettant en question l’efficacité de cette approche pour améliorer l’accès aux soins dans ces régions. Publiée dans le Journal de l’association médicale canadienne, l’étude, menée par des chercheurs en Ontario, examine les changements dans les distances de déplacement des patients vers les spécialistes avant et pendant la période d’adoption massive des soins virtuels.
L’analyze, basée sur une cohorte de patients ontariens, montre que seule la psychiatrie a connu des changements notables dans les distances parcourues, avec des réductions modestes. Pour les autres spécialités,l’impact des soins virtuels sur la distance de déplacement est resté minime.
Ces résultats suggèrent que le simple déploiement de la télémédecine ne suffit pas à surmonter les obstacles à l’accès aux soins spécialisés pour les populations rurales. Les chercheurs pointent du doigt les modèles de référence actuels, où les médecins généralistes ont tendance à orienter leurs patients vers des spécialistes au sein de leur propre réseau, limitant ainsi l’accès à des experts situés plus loin.
“Il est possible que les médecins de première ligne ne soient pas pleinement conscients des spécialistes disponibles au-delà de leur réseau immédiat,” expliquent les auteurs de l’étude. Ils proposent la mise en place de systèmes de référence centralisés,capables de mettre en relation les patients avec les spécialistes les plus appropriés,indépendamment de leur localisation géographique.
Un enjeu de santé publique persistant
L’accès aux soins spécialisés est un défi de longue date pour les communautés rurales, confrontées à une pénurie de médecins spécialistes et à des distances importantes à parcourir pour obtenir des consultations. Cette situation a des conséquences directes sur la santé et le bien-être des populations concernées, entraînant des retards dans le diagnostic et le traitement de maladies graves.
L’étude souligne également l’importance de prendre en compte les préférences des patients dans le choix du mode de consultation. Pour certains, les soins virtuels peuvent représenter une solution pratique, notamment en cas de problèmes de mobilité, de contraintes de temps ou de toughés de transport.
Vers une approche plus globale
Pour réellement améliorer l’accès aux soins spécialisés en Ontario et au-delà, il est donc nécessaire d’adopter une approche plus globale, combinant le développement des soins virtuels avec des mesures visant à optimiser les modèles de référence, à sensibiliser les médecins généralistes aux spécialistes disponibles et à tenir compte des besoins et des préférences des patients.
L’étude rappelle que la technologie seule ne peut pas résoudre les inégalités en matière d’accès aux soins. Une véritable change nécessite un engagement politique fort et des investissements ciblés pour garantir que tous les Canadiens, quel que soit leur lieu de résidence, aient accès à des soins de qualité.
Source : Journal de l’association médicale canadienne (Evans, A.,et al. (2025) Modifications de la distance en voiture à des médecins spécialisés à l’ère des soins virtuels: une étude de cohorte basée sur la population en Ontario, Canada. CMAJ. doi.org/10.1503/cmaj.250166.)
