Guatemala : procès différé pour deux défenseurs des droits humains, amnesty International dénonce une “détention arbitraire”
Guatemala City, Guatemala – le procès de Luis Pacheco et Héctor Chaclán, deux défenseurs des droits humains guatémaltèques, est au point mort depuis le 25 juin en raison d’une série d’irrégularités et de retards imputables aux autorités judiciaires, a dénoncé Amnesty International. L’organisation internationale accuse le ministère public et le pouvoir judiciaire de criminaliser les défenseurs des droits humains et de violer le droit des accusés à un procès équitable.
Selon Amnesty International, l’absence d’un juge désigné pour présider une audience intermédiaire, combinée à la suspension prolongée de la procédure par le ministère public pendant plusieurs mois, entrave le droit de Pacheco et Chaclán à se défendre et à être jugés dans un délai raisonnable. Ces retards prolongent leur détention, qualifiée d'”arbitraire” par l’organisation.
“Ces retards prolongent de manière injustifiée la détention arbitraire de Luis Pacheco et Héctor Chaclán et s’ajoutent à la longue liste des violations des droits humains commises à leur encontre. Nous exigeons la fin immédiate de la criminalisation des défenseurs des droits humains par le ministère public et le pouvoir judiciaire”, a déclaré Ana Piquer, directrice des Amériques à Amnesty International.
Contexte : La répression des défenseurs des droits humains au Guatemala
Le Guatemala est confronté depuis des années à une crise de l’État de droit, marquée par la corruption, l’impunité et la répression des voix dissidentes. Les défenseurs des droits humains, les journalistes et les leaders communautaires sont particulièrement vulnérables aux menaces, à l’intimidation et aux poursuites judiciaires.
Amnistie International rappelle que l’utilisation des lois antiterroristes pour réprimer les rassemblements pacifiques est une violation du droit international des droits de l’homme. L’organisation appelle les autorités guatémaltèques à garantir le droit de manifester pacifiquement et à abandonner les poursuites pénales infondées contre les défenseurs des droits de l’homme.
Ce cas s’inscrit dans un schéma plus large de criminalisation des défenseurs des droits humains au Guatemala, où l’utilisation abusive du système judiciaire est souvent employée pour les réduire au silence et entraver leur travail essentiel. La situation souligne la nécessité d’une réforme judiciaire profonde et d’un engagement ferme en faveur de l’État de droit pour protéger les droits fondamentaux de tous les citoyens guatémaltèques.
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