Pessimisme croissant des investisseurs face à la guerre en Iran, mais un effondrement boursier n’est pas certain
NEW YORK (AP) – L’escalade des tensions au Moyen-Orient, notamment la guerre en Iran qui entre dans sa quatrième semaine, alimente une vague de pessimisme parmi les investisseurs, mais les experts estiment qu’un effondrement boursier massif est peu probable. Les indicateurs de sentiment, les mouvements de capitaux et les positions sur les options révèlent une prudence accrue, mais aussi des opportunités potentielles pour les investisseurs avertis.
Selon la dernière enquête hebdomadaire de l’AAII (American Association of Individual Investors), publiée le 12 mars 2026, plus de 46% des investisseurs se disent baissiers quant à l’évolution du marché boursier à court terme. Seul 31,9% se montrent optimistes, et seulement 21,9% considèrent la volatilité actuelle comme une opportunité d’achat.
Ce sentiment baissier se confirme dans d’autres enquêtes. Bank of America a révélé que les gestionnaires de fonds ont augmenté leurs réserves de liquidités au plus haut niveau depuis 2020, signe d’une attitude défensive. Le Rydex Asset Ratio, qui mesure l’allocation des capitaux entre les fonds baissiers et haussiers, indique également une préférence croissante pour les actifs refuges.
"Les investisseurs se positionnent pour une baisse progressive, plutôt que pour un effondrement brutal", explique un analyste financier. "Ils achètent des couvertures et réduisent leur exposition aux actions, mais ne se précipitent pas vers une vente panique."
L’indice de volatilité Cboe (VIX), souvent surnommé le "gauge de la peur", a atteint un pic de 35,3 le 9 mars, son niveau le plus élevé depuis avril 2025. Bien que ce pic ait suscité des inquiétudes, il est souvent considéré comme un signal d’achat potentiel, car il coïncide fréquemment avec des points bas du S&P 500. Le VIX est depuis revenu à un niveau plus modéré, autour de 20.
L’indice NAAIM Exposure, qui mesure l’exposition des conseillers financiers aux actions américaines, a également atteint son plus bas niveau depuis avril 2025, confirmant la prudence générale du marché.
Les investisseurs semblent également privilégier la sécurité en augmentant leur utilisation des options de vente (puts) pour se protéger contre une éventuelle baisse des marchés. Le ratio Cboe Equity Put/Call, qui mesure le volume des options de vente par rapport aux options d’achat, a atteint un sommet annuel le jour de la Saint-Patrick.
Malgré ce climat de prudence, certains experts soulignent que le pessimisme excessif peut créer des opportunités. Ils rappellent que les indicateurs de sentiment sont souvent contrariants, et qu’un niveau élevé de pessimisme peut précéder un rebond du marché.
"Il est important de ne pas se laisser emporter par la peur", conseille un gestionnaire de portefeuille. "Les marchés ont tendance à surréagir aux mauvaises nouvelles, et les investisseurs peuvent trouver des opportunités intéressantes en achetant des actions de qualité à des prix raisonnables."
L’analyse technique du S&P 500 révèle également des signaux mitigés. L’indice a formé un "sommet arrondi", ce qui suggère une perte de momentum, mais il est également soutenu par un niveau élevé de volume par prix, ce qui pourrait limiter les baisses.
En conclusion, le marché boursier est actuellement confronté à une période d’incertitude et de volatilité. Le pessimisme croissant des investisseurs, alimenté par la guerre en Iran, est indéniable. Cependant, un effondrement boursier massif n’est pas inévitable. Une baisse progressive, accompagnée de périodes de volatilité, semble être le scénario le plus probable. Les investisseurs prudents devraient rester vigilants, diversifier leurs portefeuilles et se concentrer sur les actions de qualité à long terme.
