Sahara Occidental : Washington pousse pour une résolution rapide, le plan d’autonomie marocain comme seule voie
New York – Les États-Unis intensifient leur pression pour une résolution rapide du conflit au Sahara Occidental, en faisant du plan d’autonomie proposé par le Maroc la seule base acceptable pour des négociations. cette offensive diplomatique américaine intervient alors que le Conseil de sécurité de l’ONU se prépare à voter jeudi sur un projet de résolution, élaboré par Washington, qui pourrait modifier significativement la dynamique de la mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (MINURSO).
Selon des sources diplomatiques, le projet de résolution américain soutiendrait implicitement la thèse marocaine et son projet d’autonomie pour la région contestée. Il proposerait également un renouvellement du mandat de la MINURSO pour seulement six mois, une réduction significative par rapport au mandat annuel habituel.
Cette approche américaine,qui semble privilégier les intérêts marocains,contraste avec la politique antérieure des États-Unis,qui a traditionnellement maintenu une position de neutralité sur la question du Sahara Occidental. elle s’inscrit dans un contexte de coupes budgétaires importantes opérées par l’administration américaine sur les financements alloués à l’ONU et à ses missions de maintien de la paix.
Le Front Polisario, qui revendique l’indépendance du Sahara Occidental, a fermement réagi à ces développements. Dans une lettre adressée à l’ambassadeur russe à l’ONU, le mouvement a averti qu’il se retirerait de toute négociation parrainée par l’ONU et romprait sa coopération avec la MINURSO si le projet de résolution américain était adopté dans sa forme actuelle.
L’administration Trump a déjà manifesté son soutien au Maroc en reconnaissant sa souveraineté sur le Sahara Occidental en décembre 2020, une décision qui avait suscité de vives critiques de la part de l’Algérie, principal soutien du Front Polisario.
L’envoyé spécial de Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a récemment déclaré à CBS qu’un accord de paix entre le Maroc et l’Algérie était envisageable dans les 60 prochains jours, sans préciser si cela concernait spécifiquement le Sahara Occidental ou la rivalité plus large entre les deux pays, qui ont rompu leurs relations diplomatiques en 2021.
Le Département d’État américain n’a pas commenté les propos de Witkoff. Cependant,le sénateur Marco Rubio a affirmé en avril dernier,après une rencontre avec le ministre marocain des Affaires étrangères,que le plan d’autonomie marocain était la “seule base” pour résoudre le conflit,soulignant la volonté de Washington de faciliter des progrès dans cette direction.
Contexte historique :
Le sahara Occidental, ancienne colonie espagnole, est disputé depuis le départ de l’Espagne en 1975 entre le Maroc et le Front Polisario. Le Maroc contrôle actuellement environ 80% du territoire, tandis que le front Polisario administre le reste, connu sous le nom de République arabe sahraouie démocratique (RASD). L’ONU s’efforce de trouver une solution politique au conflit depuis des décennies,mais les négociations sont restées bloquées. La question du Sahara Occidental est un facteur de tension majeur dans la région du Maghreb, affectant les relations entre le Maroc et l’algérie.
