À l’aube du 24 mai 2026, Kiev a été frappée par une vague d’attaques sans précédent, combinant missiles balistiques, drones et armes hypersoniques, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky confirmait la menace des missiles Oreshnik, capables de transporter des charges conventionnelles ou nucléaires. Selon les sources officielles, au moins cinq personnes ont été blessées, dont une hospitalisée, et des incendies ont ravagé des immeubles dans trois quartiers centraux de la capitale. L’ampleur de la frappe, coordonnée avec des missiles Iskander-M, Kalibr et Zircon, révèle une escalade stratégique après les avertissements répétés de Zelensky sur une riposte russe massive.
Une attaque coordonnée : missiles hypersoniques et drones en essaim
Les frappes ont débuté vers 1h du matin (heure locale), selon les rapports croisés de l’AFP et des observateurs indépendants comme AMK Mapping, qui a documenté l’utilisation de 20 missiles Iskander-M, 6 Kalibr, 4 Zircon et au moins deux Oreshnik – ces derniers étant décrits comme “difficiles à intercepter” par le Kremlin. Les témoignages de résidents et les images partagées sur les réseaux sociaux montrent des explosions en chaîne dans les quartiers Shevchenkivsky, Dniprovsky et Podilsky, où des bâtiments résidentiels ont été endommagés. Un incendie s’est déclaré dans une école du centre-ville, selon le maire Vitali Klitschko.

Les missiles Oreshnik, déjà utilisés en novembre 2024 contre une cible militaire présumée et en janvier 2026 à Lviv, sont au cœur des craintes ukrainiennes. Leur vitesse supersonique (plus de Mach 10) et leur capacité à emporter des charges nucléaires en font une arme de dissuasion asymétrique, comme l’a souligné Zelensky dans un message sur X (anciennement Twitter) :
“Les agences de renseignement ukrainiennes, américaines et européennes ont confirmé que la Russie préparait une attaque utilisant les missiles Oreshnik. Nous voyons des signes d’une préparation coordonnée visant Kiev et d’autres régions, avec des armes de portée intermédiaire.”
Cette attaque intervient 24 heures après que Vladimir Putin ait ordonné à l’armée russe de préparer des “mesures de représailles” contre Kiev, en réponse à une frappe de drones ukrainiens sur un dortoir étudiant à Lugansk, où 18 morts avaient été signalés par Moscou – un chiffre que Kiev nie avoir causé. La riposte russe, bien que massive, reste en deçà des craintes d’une escalade nucléaire, malgré les capacités théoriques des Oreshnik.
Les réactions en chaîne : de Kiev à Washington
Au-delà de Kiev, les provinces de Khmelnytskyi, Zhytomyr et Kirovohrad ont également subi des frappes, tandis que des centaines de drones Geran-2 ont ciblé des infrastructures civiles et militaires, selon les données compilées par VnExpress. Les systèmes de défense aérienne ukrainiens, déjà sollicités, ont tenté d’intercepter les engins, mais leur saturation a été mise en lumière par les images de débris tombant sur des zones résidentielles.

For more on this story, see Russie frappe Odesa : drones détruisent bâtiments et véhicules dans le sud ukrainien.
Les autorités ukrainiennes ont immédiatement appelé les citoyens à se réfugier dans les abris, une mesure qui contraste avec la relative normalité apparente des jours précédents. À Washington, l’ambassade américaine à Kiev a émis un avertissement “concernant une frappe aérienne significative”, sans préciser les armes utilisées – une prudence qui reflète les incertitudes persistantes sur l’ampleur réelle de la riposte russe.
L’escalade tactique : une guerre des drones et des missiles
L’attaque du 24 mai marque un tournant dans la guerre des drones et des missiles hypersoniques, deux domaines où la Russie a investi massivement depuis 2024. Les Geran-2, des drones kamikazes low-cost, sont déployés en essaims pour saturer les défenses, tandis que les missiles Oreshnik, bien que coûteux, servent de symbole de puissance technologique. Leur utilisation à Kiev, une cible symbolique, suggère une volonté de frapper au cœur du pouvoir ukrainien, comme l’analysent les experts militaires cités par Báo Thanh Niên.
Sur le front, les informations sont contradictoires : tandis que Moscou affirme avoir abattu 348 drones ukrainiens la nuit du 22 au 23 mai, Kiev revendique des frappes sur des dépôts de carburant en Crimée et dans le Caucase nord, visant à asphyxier les lignes d’approvisionnement russes. La situation à Kherson, où une trêve locale est envisagée pour évacuer 6 000 civils, pourrait aussi présager d’une offensive ukrainienne imminente au-delà du Dniepr.
Les tensions informationnelles sont tout aussi vives : le SBU (service de sécurité ukrainien) accuse la Russie de pirater des comptes Telegram militaires pour diffuser de fausses informations, tandis que Moscou dénonce une “campagne de désinformation” de Kiev. Cette guerre des narratives s’ajoute à la guerre des missiles, créant un environnement où chaque frappe est à la fois un coup militaire et un message politique.
This follows our earlier report, Russie-Ukraine : le cessez-le-feu sous haute tension.
Que signifie cette escalade pour l’avenir du conflit ?
Trois scénarios se dessinent pour les semaines à venir :

- Un gel des hostilités : Si les frappes restent ciblées (infrastructures militaires, dépôts logistiques), Kiev pourrait éviter une escalade nucléaire, mais au prix de concessions territoriales.
- Une intensification des frappes hypersoniques : La Russie pourrait multiplier les attaques avec les Oreshnik pour forcer une négociation, comme elle l’a fait à Lviv en janvier 2026.
- Une riposte ukrainienne asymétrique : Kiev pourrait répondre par des cyberattaques ou des frappes sur des cibles russes en Europe, comme le craignent les analystes cités par Tuổi Trẻ.
Zelensky a appelé la communauté internationale à une “réponse préventive”, plutôt qu’à une condamnation a posteriori, soulignant que l’utilisation des Oreshnik pourrait établir un précédent dangereux pour d’autres conflits. Pour l’instant, les réactions occidentales restent prudentes : ni l’OTAN ni l’UE n’ont encore évoqué une livraison d’armes hypersoniques à Kiev, malgré les demandes répétées de Zelensky.
À Kiev, les sirènes ont retenti à plusieurs reprises dans la journée, rappelant aux habitants que la guerre, bien que moins visible qu’en 2022, reste une menace quotidienne. Les prochains jours seront cruciaux pour évaluer si cette attaque marque un tournant ou simplement une phase de la stratégie russe d’usure.
Une chose est sûre : avec les Oreshnik désormais déployés contre des cibles civiles, le conflit entre dans une nouvelle ère – où la technologie redéfinit les règles de l’engagement.
