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Roman Anin : Retrait de nationalité et répression journalistique en Russie Russie : Journaliste privé de sa nationalité pour enquêtes sur la guerre en Ukraine Répression en Russie : Le journaliste Roman Anin déchu de sa nationalité Ukraine : Un journaliste russe voit sa nationalité révoquée Roman Anin : La Russie intensifie la répression contre les journalistes

Le journaliste d’investigation russe Roman Anin voit sa citoyenneté révoquée, mais persiste dans ses enquêtes sur les crimes de guerre

Moscou – Roman Anin, fondateur du média d’investigation indépendant IStories et membre de l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), a vu sa citoyenneté russe révoquée en décembre dernier. Le gouvernement russe l’accuse de fabriquer des informations sur des crimes de guerre commis par ses soldats en Ukraine. Cette décision, loin de le décourager, semble au contraire renforcer sa détermination à poursuivre ses enquêtes.

Né en Moldavie et naturalisé russe en 2006, Anin a déclaré à l’ICIJ que cette révocation n’affectera en rien son travail. Il continue à enquêter, malgré les pressions croissantes et les menaces directes.

Cette mesure intervient après la condamnation, en absentia, d’Anin et de son ancienne collègue Ekaterina Fomina à 8 ans et demi de prison pour leurs reportages sur les exactions de soldats russes dans la ville d’Andriivka, près de Kiev, en 2022. Leur enquête a révélé des aveux d’un officier russe confirmant un ordre de son supérieur de tuer des civils. IStories avait également identifié des parachutistes impliqués dans le massacre de Bucha. Lien vers l’enquête sur Bucha : https://istories.media/en/investigations/2022/06/27/eight-pskov-paratroopers-in-bucha/

Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé cette révocation de citoyenneté comme un acte de “répression transnationale de l’État russe contre les journalistes et les médias indépendants”. Jeanne Cavalier, responsable du bureau d’Europe de l’Est et d’Asie centrale de RSF, a souligné dans un communiqué que le Kremlin ne se contente pas de punir le journalisme dissident, mais qu’il intensifie une stratégie d’intimidation qui s’étend aux journalistes en exil.

Ce n’est pas la première fois qu’Anin se heurte aux autorités russes. En 2021, son domicile avait été perquisitionné par les services de sécurité après la publication d’un article sur un yacht de luxe appartenant à l’épouse d’un proche de Vladimir Poutine. Il a quitté la Russie peu après et n’y est pas retourné depuis. Le gouvernement russe l’a ensuite désigné comme un “agent étranger”, puis IStories comme une organisation “indésirable”, criminalisant toute collaboration avec le média.

En 2022, le parlement russe a adopté deux lois criminalisant la diffusion de “fausses informations” et la “discréditation” de l’armée, dans le contexte de la guerre en Ukraine. Une loi adoptée en 2023 permet désormais la révocation de la citoyenneté acquise pour ces mêmes motifs. Lien vers le guide sur les lois russes sur les “fausses nouvelles” : https://cpj.org/wp-content/uploads/2022/07/Guide-to-Understanding-the-Laws-Relating-to-Fake-News-in-Russia.pdf

Anin reconnaît que la répression s’intensifie, mais reste inflexible. “Imaginez l’histoire sans tous les faits”, a-t-il déclaré. “Nous préservons l’histoire, et c’est l’un des rôles majeurs que nous jouons.” Il cite notamment les enquêtes d’IStories sur la déportation d’orphelins ukrainiens vers la Russie. Lien vers l’enquête sur la déportation d’orphelins : https://istories.media/en/cases/2024/04/26/the-case-of-children-deportation-from-ukraine-to-russia/

Anin considère que la révocation de sa citoyenneté est même un signe positif. “Regardez ce qu’est devenue la Russie aujourd’hui. C’est un pays qui bombarde l’Ukraine… qui commet d’horribles crimes de guerre chaque semaine”, a-t-il affirmé. “Si un tel État révoque la citoyenneté de quelqu’un, eh bien, cela signifie que je suis du bon côté de l’histoire.”

La Russie a atteint son plus bas rang dans l’indice de liberté de la presse de RSF en 2025, en pleine répression des médias indépendants, la plus intense depuis la chute de l’Union soviétique. Le pays se classe deuxième, après la Chine, en nombre de journalistes emprisonnés.

Malgré la campagne de pression du gouvernement russe, IStories continue sa mission d’investigation, consciente de l’importance de documenter les événements pour les générations futures.

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