Les régulateurs européens divisés sur le renforcement du rôle de l’ESMA
Bruxelles – Une fracture émerge au sein des régulateurs européens concernant une proposition visant à centraliser la supervision des acteurs de marché transfrontaliers entre les mains de l’Autorité européenne des marchés financiers et des valeurs mobilières (ESMA). Si l’objectif affiché est de favoriser une plus grande intégration des marchés financiers de l’Union européenne, certains États membres, notamment la Belgique et l’Espagne, expriment des réserves quant au transfert de responsabilités de supervision à l’ESMA.
Cette divergence de vues, révélée par Risk.net, intervient alors que les législateurs européens examinent actuellement des propositions pour confier à l’ESMA la supervision directe des acteurs transfrontaliers. Les partisans de cette centralisation estiment qu’elle renforcerait la cohérence réglementaire et améliorerait la gestion des risques à l’échelle européenne.
Cependant, les réticences exprimées par certains régulateurs nationaux soulignent une inquiétude plus large quant à la perte de contrôle national sur la supervision financière. Selon des sources proches des discussions, certains craignent que l’ESMA ne soit mal équipée pour gérer la complexité et la diversité des marchés financiers nationaux.
“L’intégration et la supervision centralisée sont deux choses différentes,” a déclaré un analyste financier, sans être cité nommément. Cette phrase, rapportée par Risk.net, résume l’essence du débat actuel.
La question de la supervision des chambres de compensation (CCP) est également au cœur des discussions. L’ESMA s’est engagée à accélérer l’approbation des modifications apportées aux modèles de marge des CCP, mais cette promesse ne suffit pas à dissiper les inquiétudes des régulateurs nationaux.
Cette situation intervient à un moment crucial pour l’avenir de l’intégration financière européenne. La capacité des régulateurs à trouver un terrain d’entente sera déterminante pour la stabilité et la compétitivité des marchés financiers de l’UE. Les prochaines semaines seront donc décisives pour l’issue de ces négociations.
