Quatre institutions présentent La Flûte enchantée dans un métro à Pékin

À l’occasion du 270e anniversaire de la naissance de Mozart, le 29e Festival international de musique de Pékin présente une nouvelle production de l’opéra La Flûte enchantée. Réalisée par quatre institutions internationales, cette version transpose l’intrigue dans le décor quotidien d’une station de métro pékinoise.

Une relecture contemporaine au cœur des transports pékinois

Pour cette nouvelle mise en scène, la directrice artistique du festival, Zou, a souhaité transformer le récit originel. Plutôt qu’une quête épique classique, cette version se concentre sur le thème des retrouvailles dans un environnement urbain moderne. Les protagonistes, Tamino et Pamina, ne sont plus représentés comme des figures princières, mais comme des citadins ordinaires qui se perdent de vue dans la foule avant de se retrouver par hasard dans une station de métro, devenue le point d’entrée vers un univers fantastique.

L’esthétique visuelle, conçue par Dan Port, intègre des éléments familiers de la vie à Pékin. Le dragon de l’opéra original est ici évoqué par le passage d’un train à grande vitesse, tandis que les personnages secondaires ont été adaptés aux codes de la ville : le oiseleur Papageno est devenu un livreur à vélo, et les servantes de la Reine de la Nuit apparaissent comme des hôtesses de l’air descendant d’un panneau publicitaire. Le compositeur lui-même, Mozart, est suggéré comme un observateur silencieux parmi la foule des voyageurs.

Une coopération artistique internationale

Cette production est le fruit d’une collaboration entre quatre institutions majeures : l’Opéra de Hong Kong, l’Opéra national d’Australie-Méridionale, le Festival international de musique de Pékin et l’Opéra central de Chine. Le projet, qui a nécessité deux ans de préparation, a été présenté pour la première fois à Hong Kong en mai 2025, suivi d’une étape à Adélaïde en août de la même année.

Quatre institutions présentent La Flûte enchantée dans un métro à Pékin

La direction musicale a été confiée à Dane Lam, directeur artistique de l’Opéra national d’Australie-Méridionale, à la tête du London Philharmonic Orchestra. Pour l’institution londonienne, ce séjour à Pékin marque une étape particulière.

La performance des solistes et des chœurs

Le plateau vocal réunit des interprètes internationaux, dont Anthony Gregory (Tamino), Sophia Troncoso (Pamina), John Chester (Papageno) et Aigul Khismatulina (Reine de la Nuit). John Chester a salué la qualité de l’ensemble, déclarant : « Le chœur est absolument remarquable, il m’a fait une très forte impression, et nous avons réalisé ensemble une performance extraordinaire. »

La production bénéficie également de la participation de l’Orchestre de l’Opéra central et du Chœur philharmonique de Pékin. Selon les organisateurs, l’intégration de ces ensembles locaux aux côtés des artistes internationaux témoigne de la volonté du festival de créer un pont entre les expériences culturelles chinoises et le répertoire occidental.

Les enjeux de la création lyrique actuelle

Au-delà de la prouesse technique, les concepteurs de cette version de La Flûte enchantée s’interrogent sur la place de l’opéra dans le monde contemporain.

Pour le festival, qui a ouvert ses portes le 9 octobre avec un concert dirigé par Charles Dutoit, l’objectif reste de maintenir une offre culturelle riche, totalisant 12 spectacles de haut niveau jusqu’au 20 octobre. Cette version de Mozart, en cherchant à ancrer le mythe dans le quotidien des usagers du métro, tente de répondre à ce défi en transformant un espace de transit impersonnel en un lieu de connexion humaine.

À ne pas manquer