Procès de Cheng Lang : un policier jugé pour inconduite

Un policier de vingt-cinq ans comparaît le 24 août 2026 devant le tribunal de district dans une affaire où il est poursuivi pour inconduite dans l’exercice de ses fonctions et entrave à la bonne administration de la justice, après avoir notamment conservé chez lui l’échantillon sanguin d’une femme soupçonnée d’ivresse au volant.

Tribunal de district de Hong Kong

L’affaire (DCCC 241/2025) s’est ouverte ce lundi 24 août 2026 à la suite d’une procédure où le parquet a finalement abandonné les poursuites initiales pour extorsion et menace d’acte sexuel. L’agent, identifié comme Cheng Lang, conteste les accusations de mauvaise gestion de ses devoirs publics et de tentative d’entrave à la justice. Les charges indiquent qu’entre le 29 mai et le 17 juillet 2024, en tant que membre de la force de police, il n’a pas transmis sans raison valable l’échantillon de sang de la plaignante X au laboratoire gouvernemental, cet échantillon étant lié à une affaire de conduite en état d’ivresse.

Intervention à Sheung Shui

Les faits remontent au printemps 2024. Le 29 mai de cette année-là, un agent (le policier 61314) intervient à Sheung Shui pour un différend et arrête une femme, désignée sous la lettre X, pour agression simple. Soupçonnant un état d’alcoolémie, les forces de l’ordre conduisent l’intéressée à l’hôpital du Nord, et le défendeur prend l’affaire en main le même jour. Le prévenu avait rejoint la police en juillet 2020 et était affecté depuis mars 2024 en tant qu’enquêteur à la 3e équipe d’enquête criminelle du district de Tai Po, sous la supervision de l’inspecteur Lai Kwun-man et du sergent d’investigation Szeto Siu-yin.

Le défendeur a fait rapport au sergent Szeto Siu-yin que X était soupçonnée de conduite en état d’ivresse, ce qui a conduit à l’intervention de la police de la circulation pour effectuer un test d’alcoolémie. Vers 13 heures, l’officier de la circulation 846 a fait passer un test d’haleine à X, dont le résultat a révélé que la concentration d’alcool dans l’haleine dépassait la limite légale. X a ensuite accepté de fournir un échantillon de sang pour analyse afin de déterminer sa teneur en alcool, et après le prélèvement par un médecin, l’échantillon a été remis à l’agent de la circulation, qui l’a placé dans un sac de preuve anti-altération avant de le confier au défendeur. Selon les directives internes, le défendeur devait transférer l’échantillon au laboratoire gouvernemental dès que possible.

Le 30 mai, alors que X devait comparaître au tribunal pour une affaire de bagarre dans un lieu public, l’inspecteur Lai a contacté le défendeur et a appris que ce dernier avait stocké l’échantillon de sang dans le réfrigérateur de son domicile. L’inspecteur Lai a immédiatement ordonné au défendeur d’envoyer l’échantillon au laboratoire. Durant les mois de juin et de juillet, le défendeur a toutefois omis d’envoyer le sang au laboratoire, le gardant caché chez lui tout en commençant à nouer des contacts privés avec X.

Appartement de Cheng Lang

Selon l’accusation, le défendeur a emmené X à son domicile aux abords de l’aube le 3 juin pour prendre six photographies individuelles d’elle, dont quatre la montrant entièrement nue. Du 18 juin au 12 juillet, le défendeur a pris un congé de maladie et a trompé son supérieur en lui affirmant que l’échantillon avait déjà été transmis au laboratoire.

男警涉私藏女疑犯血液樣本在家 並帶女方回家拍全裸照 否認失當
Photo: HK01

L’interpellation du mis en cause est intervenue le 17 juillet 2024. Il a admis avoir utilisé son téléphone professionnel pour contacter X et lui avoir envoyé une photo noire accompagnée d’un message textuel stipulant : « Tu ne te montres toujours pas, ton affaire de conduite sous influence va être ruinée, je suis plus pressé que toi, réponds vite au téléphone. »

Pour l’accusation, la relation étroite entre le défendeur et X démontre qu’il a délibérément dissimulé des preuves importantes et fait obstruction de manière injustifiée à l’enquête criminelle visant X. Le parquet qualifie ces agissements d’extrêmement graves, soulignant qu’ils n’affectent pas seulement la responsabilité pénale de X, mais portent également atteinte à la confiance du public dans le système de justice pénale.

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