"Pour ceux qui s'intéressent à la rancoeur de ce pays, l'affaire Moix est fascinante"

L'auteur de "Orléans", auteur de dessins et de textes antisémites, fréquentait les cercles négationnistes à Paris en même temps que Bernard Henri-Levy le prenait sous son aile, rappelle l'auteur dans son article. une tribune au "monde".

Publié aujourd'hui à 16h52, Mis à jour à 16h53 Temps de Lecture 5 min.

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Tribune. "L'affaire Yann Moix" est né le 21 août avec la publication de son nouveau livre Orléans comme une tempête de violence rare mais circonscrite: elle concernait la famille de l’auteur. Puis, en quatre jours, par des faits nauséabonds et sous l’effet de serre d’un milieu médiatique et littéraire trop confiné, ce grain est devenu un de ces ouragans que seule la vie culturelle de ce pays est capable de produire avec cette intensité qui laisse chaque fois le incrédule, perplexe, dégoûté.

Nous sommes donc passés de la dénonciation par Moix de son martyr d’enfance – bientôt nié par son père et surtout par son frère – le fratricide public entre bon fils et mauvais fils sans que nous puissions décider lequel était lequel, puis nous avons eu des révélations sur Moix. ; s passé, du révisionnisme familial au révisionnisme. En cette semaine de pré-entrée, sans nouvelles importantes, les médias ont fait le reste, dénonçant le passé de Moix tout en faisant la promotion du livre à travers l'abjection qui l'a condamnée.

Perversité inédite

Le passage improbable, samedi soir, "à Ruquier" [animateur du programme "On ne ment pas" sur France 2] Yann Moix, déchiré entre sincérité et désir d’effet rhétorique, est venu compléter ce processus avec une perversité sans précédent.

Cependant, rien ne nous obligeait à en venir à ce point. Contrairement à Mehdi Meklat [en 2017, ce journaliste et écrivain a dû s'expliquer sur un vieux Tweet antisémite et homophobe]qui n'a jamais cessé d'être innocent en accusant le système, Moix a pour lui de ne pas chercher depuis longtemps à nier les faits ou sa responsabilité.

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Quand il essaie le plus librement possible de retracer sa carrière, l’histoire qui se dessine, fascinante pour ceux qui s’intéressent à la rancoeur de ce pays, est celle d’un jeune homme de province, auteur de dessins obscènes sur Auschwitz, et du déni total. de son antisémitisme – un jeune homme dont l'arrivée et le goût ternis par la violence et l'abjection rencontrent, après son arrivée à Paris, un certain air du temps, celui des années 1990-2000, qu'il a mentionné le 1st Septembre au micro sur France Culture, dans l'émission "Signs of the Times".

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