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Porphyromonas gingivalis : infection orale liée à Alzheimer

by Camille Laurent - Santé
La bactérie Porphyromonas gingivalis et la maladie d'Alzheimer

Des chercheurs ont établi un lien entre les infections buccales et le développement de la maladie d’Alzheimer. Selon Digi24, la bactérie Porphyromonas gingivalis, responsable de la parodontite, peut atteindre le cerveau. Cette découverte suggère que la santé gingivale joue un rôle dans la prévention de troubles neurologiques et d’accidents vasculaires cérébraux.

La bactérie Porphyromonas gingivalis et la maladie d’Alzheimer

Des travaux de recherche ont identifié une connexion entre la maladie d’Alzheimer et les infections orales. Selon les informations de Digi24, la bactérie Porphyromonas gingivalis, un agent pathogène intracellulaire à Gram négatif responsable de la parodontite chronique, pourrait migrer vers le cerveau et contribuer à la progression de la maladie.

La parodontite est une infection inflammatoire chronique qui attaque les tissus de soutien de la dent, notamment la gencive et l’os alvéolaire. Dans ce contexte, la bactérie Porphyromonas gingivalis se distingue par sa capacité à survivre dans des environnements peu oxygénés et à envahir les cellules de l’hôte. Cette capacité d’invasion pourrait faciliter le franchissement de la barrière hémato-encéphalique, la structure protectrice qui sépare la circulation sanguine du système nerveux central.

Une étude menée par Jan Potempa, microbiologiste à l’Université de Louisville, a révélé la présence de cette bactérie dans les cerveaux de patients décédés souffrant de la maladie d’Alzheimer. Les recherches, coordonnées par la startup pharmaceutique Cortexyme, ont également utilisé des modèles de souris pour approfondir ces observations. Les expérimentations ont montré que l’infection orale par P. gingivalis entraînait une colonisation du cerveau par la bactérie, accompagnée d’une augmentation de la production de bêta-amyloïde (Aβ), des protéines collantes associées à Alzheimer.

La bêta-amyloïde est l’une des caractéristiques biologiques majeures de la maladie d’Alzheimer, se regroupant pour former des plaques extracellulaires qui perturbent la communication entre les neurones. L’implication de la bactérie dans la stimulation de ces protéines soulève des questions cruciales sur l’origine des processus neurodégénératifs.

wp:quote Les agents infectieux ont été impliqués auparavant dans le développement et la progression de la maladie d’Alzheimer, mais les preuves n’étaient pas convaincantes. Stephen Dominy, cofondateur de Cortexyme et auteur principal de l’étude [/wp:quote]

Il convient toutefois de préciser la portée de ces résultats. Bien que les modèles animaux et les études post-mortem fournissent des indices biologiques importants, ils ne permettent pas d’affirmer que l’infection par P. gingivalis est la cause unique ou directe de la maladie d’Alzheimer chez l’être humain. La science actuelle traite ces découvertes comme des corrélations qui nécessitent des recherches cliniques plus approfondies pour distinguer la causalité de la simple association.

L’impact de l’inflammation gingivale sur le risque d’AVC

Au-delà de la maladie d’Alzheimer, la santé bucco-dentaire est liée à d’autres risques cardiovasculaires et neurologiques. D’après le Dr Ionescu Alexandru, les gencives enflammées permettent aux bactéries et aux substances inflammatoires de pénétrer dans le flux sanguin.

Ce phénomène s’explique par la réponse immunitaire du corps. Lorsqu’une infection parodontale est présente, le système immunitaire libère des médiateurs de l’inflammation, tels que des cytokines, pour combattre l’agression. Ces substances, ainsi que les bactéries elles-mêmes, peuvent traverser les tissus gingivaux endommagés et entrer dans la circulation systémique, un état souvent qualifié d’inflammation systémique de bas grade.

Ce passage dans la circulation sanguine peut augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC). L’inflammation chronique peut affecter l’endothélium, la couche de cellules qui tapisse l’intérieur des vaisseaux sanguins. Une altération de l’endothélium peut favoriser la formation de plaques d’athérome ou contribuer à l’instabilité des parois vasculaires, augmentant ainsi la probabilité d’événements ischémiques ou hémorragiques dans le cerveau.

L'impact de l'inflammation gingivale sur le risque d'AVC

Pour limiter ces risques, le Dr Ionescu Alexandru indique que des traitements professionnels, tels que le détartrage et les nettoyages réguliers, peuvent contribuer à une réduction de la probabilité de tels événements. Ces interventions visent à éliminer le biofilm bactérien et les dépôts de tartre qui nourrissent l’inflammation gingivale.

La gestion de la santé orale ne doit pas être considérée comme une discipline isolée, mais comme une composante intégrante de la santé vasculaire et neurologique globale. Le contrôle de la charge bactérienne buccale constitue un levier de prévention qui pourrait, à terme, influencer la réduction des facteurs de risque systémiques.

Consultez votre professionnel de santé.

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