Serbie : Plaintes pénales déposées contre un responsable gouvernemental et des policiers pour répression de manifestations étudiantes
Belgrade – Des plaintes pénales ont été déposées en Serbie contre Marko Kričko, un haut responsable gouvernemental, ainsi que contre des policiers, suite à des accusations de répression violente lors de récentes manifestations étudiantes. L’annonce a été faite par l’avocat Nemanja Ivanović, qui représente les plaignants.
Les plaintes concernent notamment l’affaire Nikolina Sinđelić, une étudiante, et Dušan Cvetković, un autre étudiant arrêté lors d’une manifestation et menacé par un policier avec une arme à feu. Les plaignants demandent que l’enquête soit menée de manière indépendante, sans intervention du ministère de l’intérieur (MUP) ou de ses services de contrôle interne.
Ivanović a souligné que des preuves substantielles ont été rassemblées et remises au procureur. Il a également exprimé sa conviction qu’il existe encore des individus intègres au sein du système judiciaire serbe qui ne se détourneront pas de leurs responsabilités. “Je crois qu’il y a encore des gens honorables dans ce bâtiment qui ne se détourneront pas. Et à un moment donné, lorsque le gouvernement tombera, nous aurons une plainte criminelle dans le système et poserons à toutes les questions responsables pourquoi ils ne l’ont pas traitée quand il était temps”, a-t-il déclaré.
Ces plaintes interviennent dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la liberté d’expression et le droit de manifester en Serbie. Les manifestations étudiantes, qui ont eu lieu ces dernières semaines, dénonçaient des politiques gouvernementales jugées répressives et un manque de transparence.
Contexte : La répression des manifestations étudiantes en Serbie
La Serbie a connu ces dernières années une augmentation des tensions politiques et sociales, avec des manifestations fréquentes organisées par des étudiants, des militants et des membres de l’opposition. Ces manifestations sont souvent réprimées par les forces de l’ordre, suscitant des critiques de la part d’organisations de défense des droits de l’homme et d’observateurs internationaux.
Le droit de manifester est un droit fondamental garanti par la Constitution serbe et les conventions internationales en matière de droits de l’homme. Cependant, dans la pratique, ce droit est souvent restreint par des lois et des pratiques qui limitent la liberté de réunion et d’expression.
Les plaintes déposées contre Marko Kričko et les policiers pourraient constituer un tournant dans la lutte pour la protection des droits civils et des libertés fondamentales en Serbie. L’issue de ces procédures judiciaires sera scrutée de près par la communauté internationale et par les défenseurs des droits de l’homme.
