Phillips 66 publie un bénéfice record grâce aux marges de raffinage

Phillips 66 a affiché un bénéfice trimestriel record le 28 octobre 2026, dépassant largement les attentes de Wall Street grâce à des marges de raffinage exceptionnelles. La performance s’appuie sur la vigueur des exportations de carburant et des taux d’utilisation élevés, sur fond de tensions géopolitiques mondiales et de perturbations de l’approvisionnement.

Le raffinage américain profite pleinement des soubresauts géopolitiques mondiaux. La compagnie Phillips 66 a enregistré un bénéfice trimestriel record, porté par l’envolée de ses marges sur les carburants. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement en provenance de la Russie, de la Chine et du Moyen-Orient, aggravées par les conflits en Iran et en Ukraine, ont resserré l’offre mondiale. De juillet à septembre, les raffineries américaines ont maintenu des taux d’utilisation supérieurs à 95 % de leur capacité. Comme le relève Reuters dans sa newsletter Power Up animée par le chroniqueur Ron Bousso, ces perturbations ont touché l’industrie mondiale de l’énergie, tandis que des pairs tels que Valero Energy et HF Sinclair ont également affiché des bénéfices records au troisième trimestre.

Résultats financiers record et marges de raffinage triplées

Le bénéfice net de l’entreprise a atteint 5,62 milliards de dollars, contre 133 millions de dollars un un an plus tôt, selon les données publiées par le géant basé à Houston. Ajusté par action, le profit s’établit à 14,08 dollars pour les trois mois clos le 30 septembre, surclassant nettement la moyenne des prévisions des analystes interrogés par LSEG, qui tablaient sur 11,73 dollars. La division de raffinage a vu ses gains ajustés grimper à 6,06 milliards de dollars, contre 430 millions de dollars un an auparavant.

Phillips 66 publie un bénéfice record grâce aux marges de raffinage
Photo : Quiver Quantitative

Au cœur de cette performance, la marge réalisée par baril a plus que triplé pour atteindre un sommet historique de 38 dollars, contre 12,15 dollars l’année précédente. Cette progression reflète l’écart de prix mesuré par le différentiel de craquage 3-2-1, le baromètre de référence des marges de raffinage aux États-Unis, qui a bondi de plus de 150 % en glissement annuel au cours du troisième trimestre. Les exportations américaines de carburant, en particulier le diesel indispensable à l’industrie et à l’agriculture, ont atteint des sommets inédits.

Diversification stratégique dans les biocarburants et les infrastructures

Au-delà des hydrocarbures traditionnels, l’activité de carburants renouvelables a contribué à la dynamique positive du groupe. Le segment a dégagé 191 millions de dollars de bénéfices ajustés, effaçant la perte de 43 millions de dollars enregistrée l’année précédente. Cette embellie s’explique par le renforcement des exigences d’incorporation de biocarburants et par la fermeté des cours du diesel.

La direction cherche également à consolider sa chaîne logistique pour s’affranchir de la volatilité des marges au comptant. Le projet d’expansion de Coastal Bend avance comme prévu, avec des volumes initiaux attendus dès le quatrième trimestre et une montée en puissance à 350 000 barils par jour au début de l’année 2027. Cette infrastructure permettra d’améliorer le transport entre les bassins Permian et Eagle Ford et les installations de traitement de gaz naturel liquéfié à Corpus Christi et Sweeny, au Texas. Du côté du complexe de Rodeo, l’entreprise convertit huiles de cuisine usagées, graisses animales et autres matières premières en diesel renouvelable et en carburant d’aviation durable.

Dans le même temps, l’entreprise mise sur le projet de coentreprise Western Gateway Pipeline System d’un montant de 5 milliards de dollars, finalisé en août et mené en collaboration avec le gestionnaire de pipelines Kinder Morgan et le raffineur HF Sinclair, afin de sécuriser des approvisionnements plus stables et compétitifs.

Prudence des marchés et valorisation boursière

Malgré ces chiffres exceptionnels, la réaction des marchés financiers a montré des signes de retenue. La perspective d’une normalisation des chaînes d’approvisionnement mondiales et la baisse des contrats à terme sur l’essence, descendus à un plus bas de sept semaines le 27 octobre selon TradingEconomics et Investing.com, incitent les investisseurs à la prudence face à l’éventualité d’un essoufflement des marges de raffinage les plus élevées.

Comme l’a indiqué Finimize, les marges de raffinage induites par les perturbations peuvent chuter rapidement une fois que les chaînes d’approvisionnement se normalisent, de sorte qu’un seul trimestre exceptionnel ne se répète pas nécessairement.

Les analystes rappellent que les sommets atteints par les actions du secteur intégraient déjà une grande partie de ces anticipations positives, tandis que les modifications de régulation pour l’année 2025 avaient été actées en amont. L’action a ainsi connu des variations en Bourse, les investisseurs arbitrant entre la solidité des profits immédiats et la cyclicité inhérente au secteur pétrolier.

Sur le front de la gouvernance et de l’actionnariat, des mouvements notables ont agité le capital, illustrés par les cessions importantes de titres de la part de plusieurs dirigeants — parmi lesquels Vanessa Allen Sutherland, Brian Mandell, Richard G. Harbison, Kevin J. Mitchell — ainsi que par les arbitrages de grands investisseurs institutionnels tels que Harris Associates, BlackRock.

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