Démence : les nouveaux cas mondiaux pourraient doubler d’ici 2050

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Le nombre mondial de nouveaux cas de démence devrait plus que doubler d’ici 2050, passant de 11,4 millions en 2023 à 24,7 millions par an, selon une vaste méta-analyse publiée le 12 octobre 2026 dans la revue JAMA Neurology.

La recherche internationale, menée à partir de données individuelles issues de 22 cohortes longitudinales totalisant 38 418 participants dans 18 pays et territoires répartis sur six continents, met en lumière une accélération marquée par le vieillissement démographique. L’étude indique une incidence standardisée selon l’âge et le sexe de 9,7 nouveaux cas pour 1 000 personnes-années à risque, avec un total de 3 001 participants ayant développé la maladie sur plus de 287 000 personnes-années de suivi. La sélection des cohortes a débuté entre 1990 et 2011, les données de suivi s’étendant jusqu’à la fin de 2021.

Les femmes et les pays à revenus intermédiaires face à un risque accru

L’analyse révèle que les femmes affichent un taux d’incidence standardisé plus élevé que les hommes, avec 10,6 nouveaux cas pour 1 000 personnes-années (ou 10,6 contre 8,6 selon les calculs, l’incidence atteignant même 12,8 chez les femmes et 10,5 chez les hommes lors de l’application aux projections de 2050) comparativement à 8,6 pour ces derniers. Ashleigh Vella, chercheuse post-doctorale au Centre for Healthy Brain Ageing (CHeBA) de l'Université de Nouvelle-Galles du Sud à Sydney et auteure principale de l'étude, affirme que ces données comparatives sont essentielles. Des chercheurs suggèrent que des facteurs biologiques spécifiques au sexe, tels que les variations hormonales liées à la ménopause et les schémas d’exposition aux estrogènes, ainsi que les facteurs métaboliques influençant la santé cardiaque, pourraient jouer un rôle, bien que ces pistes restent à approfondir.

Démence : les nouveaux cas mondiaux pourraient doubler d'ici 2050
Photo : news18.com

En parallèle, la charge de la maladie pèse plus lourdement sur les économies émergentes. L’incidence standardisée atteint 13,6 cas pour 1 000 personnes-années dans les nations à revenus faibles et moyens, comparativement à 8,3 dans les pays à hauts revenus (ou 15,3 contre 9,3 chez les femmes et 12,6 contre 7,5 chez les hommes). Le Dr Liron Sinvani, directeur de la recherche et de l’innovation à l’Institut Northwell pour le vieillissement sain et professeur aux Instituts Feinstein de recherche médicale à New York, avertit que ces régions manquent cruellement d’infrastructures et disposent de ressources très limitées pour répondre à cette vague massive.

La pression sur le système de santé et les défis du personnel soignant

Aux États-Unis, la trajectoire démographique se heurte à des pénuries de personnel et à des difficultés structurelles majeures, les adultes diagnostiqués chaque année devant passer de 514 000 en 2020 à un million d’ici 2060. Le pays fait face à un manque manifeste de spécialistes en gériatrie et de professionnels engagés dans les soins à domicile et au sein des maisons de repos. Environ la moitié des structures ont signalé des restrictions sur les nouvelles admissions de résidents, tandis que la population hispanique, qui a presque doublé entre 2000 et 2024, présente un risque de développer la démence 1,5 fois supérieur à celui de la population blanche selon l’Alzheimer’s Association.

Une nouvelle étude indique que les cas de démence pourraient doubler d'ici 2050

Jordan Weiss a souligné que « les familles devront absorber d’immenses coûts émotionnels et financiers […] parce que la démence exige souvent des années de surveillance accrue et de soins pratiques, ce que notre système de santé n’est pas vraiment conçu pour fournir ».

Le recrutement et la rétention dans ce secteur se heurtent à la pénibilité physique et émotionnelle des tâches requises, associées à de faibles salaires, des horaires imprévisibles et de piètres perspectives d’évolution.

Démence : les nouveaux cas mondiaux pourraient doubler d'ici 2050
Photo : GreaterGood

Le recul des spécialistes en gériatrie et la nécessité de la prévention

Parallèlement, la démographie médicale ne suit pas le rythme des besoins. Les spécialistes estiment que cette situation découle en partie des niveaux de rémunération et d’un intérêt en résidence qui n’a pas suivi le rythme d’autres domaines, la gériatrie figurant parmi les spécialités médicales les moins bien rémunérées.

Face au fait qu’un remède contre la maladie d’Alzheimer ne semble pas imminent, les experts insistent sur l’opportunité de réduire les risques de démence par une meilleure santé cardiovasculaire et la pratique de l’activité physique. La construction d’un système de santé et d’une infrastructure capables de dispenser les soins déjà nécessaires est jugée capitale pour l’avenir.

Démence : les nouveaux cas mondiaux pourraient doubler d'ici 2050
Photo : Juta MedicalBrief

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