Home ÉconomiePétrole : tensions géopolitiques et prévisions de prix

Pétrole : tensions géopolitiques et prévisions de prix

Les tensions au Moyen-Orient font flamber les prix du pétrole, l’ombre de la stagflation plane

WASHINGTON – Les prix du pétrole sont en forte hausse ce jeudi, alimentés par une escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, alors que l’Iran intensifie ses attaques contre des navires dans le Golfe et cible des nations de la région avec des missiles et des drones. Le baril de pétrole brut oscille, malgré une pression vendeuse observée en début de journée, et pourrait atteindre les 200 dollars selon les avertissements de Téhéran.

Les attaques iraniennes, notamment contre deux pétroliers irakiens dans les eaux territoriales irakiennes, ont forcé l’arrêt des opérations portuaires et incité Oman à évacuer ses terminaux pétroliers par mesure de précaution. Ces actions interviennent sur fond de conflit entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, un conflit que le président américain Donald Trump affirme déjà avoir gagné, une affirmation contestée par la direction iranienne qui se dit prête à poursuivre la lutte pendant des mois.

La situation actuelle complique les prévisions à long terme sur les prix du pétrole, la volatilité croissante déviant des équilibres traditionnels d’offre et de demande. Les marchés réagissent vivement, avec un chandelier "exhaustif" observé sur les contrats à terme du pétrole brut, signalant une forte pression à la vente au-dessus de 96 dollars le baril.

Certains analystes suggèrent que cette réaction pourrait être liée à un plan de libération de stocks de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE). Cependant, 400 millions de barils ne représentent qu’une fraction de l’offre perdue, ce qui indique que les investisseurs craignent une interruption prolongée de l’approvisionnement.

Stagflation à l’horizon ?

L’impact de cette crise pourrait se traduire par une baisse des données d’inflation de vendredi, mais aussi par une aggravation des craintes de stagflation à l’échelle mondiale. La hausse des prix de l’énergie exerce une pression inflationniste, incitant les marchés obligataires à anticiper une hausse des taux d’intérêt.

Cinq banques centrales – aux États-Unis, en Europe, au Royaume-Uni, en Australie et au Canada – doivent se réunir la semaine prochaine. Les attentes sont à un statu quo généralisé, à l’exception de l’Australie où une hausse des taux est envisagée.

Les marchés boursiers sont également affectés, affichant des signes d’épuisement en raison d’un dollar américain plus fort et de l’éloignement des perspectives de baisses de taux d’intérêt aux États-Unis.

Niveau technique à surveiller

Sur le plan technique, les contrats à terme sur le pétrole brut WTI ont testé un plus haut à 95,96 dollars après avoir ouvert à 92,45 dollars, avant de revenir vers les plus bas de la journée. Une cassure du support immédiat à 86 dollars pourrait entraîner une nouvelle baisse vers les plus bas à 82 dollars, où un rebond pourrait se produire.

L’évolution du prix du pétrole brut WTI ce mois-ci pourrait influencer les mouvements des autres matières premières. L’incertitude politique, tant aux États-Unis avec les élections de novembre qu’en Israël avec les élections d’octobre, pourrait inciter les dirigeants à éviter une escalade du conflit, mais la situation reste fragile.

Disclaimer : Les lecteurs sont avertis que toute position prise sur le pétrole brut WTI est à leur propre risque, cette analyse étant basée uniquement sur des observations.

À lire aussi

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.