Le 8 septembre, les rebelles houthis au Yémen ont revendiqué une vaste série d’attaques de drones et de missiles contre l’Arabie saoudite, ciblant notamment des sites pétroliers d’Aramco. Cette escalade majeure survient alors que les combats font rage autour du détroit stratégique de Bab al-Mandab, faisant plus de 300 morts en quelques jours.
Une offensive d’envergure contre des cibles économiques et militaires en Arabie saoudite
La confrontation entre les rebelles yéménites et Riyad a franchi un nouveau palier. Le porte-parole militaire des insurgés a officialisé des frappes d’une rare intensité dirigées contre le royaume. Selon les autorités rebelles, l’opération a mobilisé des dizaines d’engins volants sans pilote et de projectiles balistiques pour frapper la base aérienne King Khalid, l’aéroport international d’Abha ainsi que des installations névralgiques du géant pétrolier Aramco situées à Abha et Jizan.
Cette offensive constitue la riposte revendiquée à une campagne de bombardements menée par la coalition saoudienne. Le porte-parole militaire des insurgés a affirmé que ces tirs répondaient précisément à 121 frappes exécutées par Riyad sur le territoire yéménite au cours des trois jours précédents. Du côté du royaume, le ministère de l’Énergie a indiqué que ces impacts ont provoqué des incendies sur plusieurs sites, contraignant les opérateurs à suspendre temporairement certaines activités sur les zones touchées.
Le contrôle contesté du détroit de Bab al-Mandab et les lourdes pertes au sol
Au-delà des frappes aériennes transfrontalières, la situation militaire sur le terrain yéménite se détériore à un rythme alarmant. Vendredi, les forces progouvernementales se sont retirées de Périm, également connue sous le nom de Mayyun, une île positionnée au point le plus étroit du passage maritime de Bab al-Mandab. Des témoins et des agences de presse ont confirmé l’avancée immédiate des combattants houthis sur cette position clé.
Cette artère maritime revêt une importance vitale pour l’économie mondiale, particulièrement depuis la fermeture de fait du détroit d’Ormuz dans le cadre des tensions entre les États-Unis et l’Iran. L’Arabie saoudite dépend étroitement de cette voie d’eau pour acheminer son pétrole vers les marchés asiatiques. Tandis que les affrontements terrestres s’étendent dans le sud-ouest du pays à la suite d’une offensive lancée par les rebelles, les bilans humains s’alourdissent considérablement. Selon des sources concordantes issues des deux camps interrogées sur place, plus de 300 personnes ont perdu la vie depuis le début des hostilités intérieures, contraignant de nombreuses familles à fuir sur les routes.
Yayha Saree, porte-parole militaire des insurgés, a déclaré via France 24 que les forces armées yéménites avaient mené une opération militaire de grande envergure et de grande portée.
La riposte promise par Riyad et la menace d’un front élargi
Face à cette démonstration de force qualifiée par les observateurs de plus importante attaque subie par le territoire saoudien depuis plusieurs années, la réaction du pouvoir central ne s’est pas fait attendre. Le ministère saoudien des Affaires étrangères a vigoureusement condamné les agissements des insurgés dans un communiqué officiel.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères a réaffirmé, via France 24, le droit légitime du Royaume à prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre sa souveraineté.
Riyad insiste par ailleurs sur la nécessité absolue de neutraliser les menaces persistantes qui pèsent sur la liberté de circulation commerciale. La situation sécuritaire s’est encore compliquée lorsqu’un oléoduc Est-Ouest a été la cible de drones identifiés comme provenant de l’Irak voisin, obligeant le ministère saoudien de l’Énergie à interrompre le fonctionnement de l’infrastructure par mesure de précaution. Bien que le gouvernement irakien ait condamné l’attentat et ouvert une enquête menant à la destitution d’un commandant local dans la province de Maysan, les autorités saoudiennes ont fait savoir qu’elles surseaient pour l’instant à une riposte directe suite à un échange téléphonique avec le Premier ministre irakien.
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