Pete Hegseth Impose un Dépistage de la Testostérone pour les Militaires

La décision du secrétaire à la Défense Pete Hegseth d’instaurer un dépistage annuel du déficit en testostérone pour les militaires de plus de 30 ans suscite de vives critiques de la part des médecins, qui rappellent que cette hormone n’est pas un produit dopant et que les programmes de substitution présentent un coût élevé.

Au lendemain de l’annonce d’un programme de dépistage ciblant les membres des forces armées âgés de plus de 30 ans, le corps médical s’interroge ouvertement sur la pertinence et les objectifs de cette mesure. Selon le plan présenté par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, ces examens seront intégrés aux bilans de santé réguliers, tandis que les militaires plus jeunes se verront offrir la possibilité de tester leur taux hormonal afin de s’assurer qu’ils disposent des niveaux adéquats pour opérer à leur maximum.

Les réserves du corps médical face à un dépistage à grande échelle

Les associations professionnelles, parmi lesquelles The Endocrine Society et l’American College of Physicians, déconseillent formellement les bilans de dépistage généralisés de la testostérone. Les taux de cette hormone naturelle peuvent en effet fluctuer considérablement en fonction de l’âge, du mode de vie et même de l’heure de la journée, rendant l’interprétation clinique délicate.

L’experte ajoute qu’un traitement de substitution peut certes améliorer légèrement la libido et l’humeur d’un homme dont le taux est réellement bas, mais qu’il n’a pas démontré d’effet pour aiguiser l’esprit, combattre la fatigue ou transformer un jeune soldat en un combattant d’élite.

Des normes physiologiques déconnectées de la virilité

La testostérone joue un rôle biologique clé dans le maintien de la masse musculaire et osseuse, tout en influençant l’humeur, l’énergie et la production de sperme. Pour autant, sa concentration dans l’organisme ne constitue en rien un indicateur direct de la force physique ou de la capacité opérationnelle, comme le souligne le Dr Marcus Goncalves, directeur de la division d’endocrinologie, du diabète et du métabolisme de la Holman Division at NYU Langone Health.

US Defense Secretary Pete Hegseth announces testosterone screening for US troops • FRANCE 24

Le Dr Marcus Goncalves, directeur de la Holman Division of Endocrinology, a indiqué que la plage normale se situe entre 270 et plus de 900, ajoutant que classer les gens sur cette échelle n’a aucun lien avec leur degré de virilité réelle, perçue ou physique, et qu’une personne peut tout à fait être normale à 350 ou à 650.

Le spécialiste précise qu’un affaissement temporaire des taux hormonaux peut découler d’un stress chronique, d’un manque de sommeil ou d’un surmenage physique — des contraintes inhérentes au quotidien militaire. Lorsque la baisse est liée à ce type de facteurs environnementaux, la variation reste transitoire et réversible, la sécrétion naturelle rebondissant dès que la situation s’améliore.

Les contraintes financières et les risques d’un traitement hormonal

Au-delà de l’absence de bénéfice prouvé pour les sujets sains, le protocole de diagnostic s’avère complexe et lourd financièrement. Pour obtenir un résultat fiable, les prélèvements sanguins doivent s’effectuer à jeun et dans un intervalle matinal très strict, entre 8 h et 10 h, heure où les concentrations hormonales atteignent leur pic naturel. Une valeur basse nécessite en outre d’être confirmée par des examens répétés sur plusieurs mois.

Pete Hegseth Impose un Dépistage de la Testostérone pour les Militaires
Photo: news.harvard.edu

Les prises de sang initiales à elles seules risquent de coûter aux forces armées des dizaines de millions de dollars chaque année, sans compter l’envolée des dépenses liée au suivi, aux contrôles et aux thérapies de remplacement hormonales par stéroïdes anabolisants, administrées par injection, voie orale ou patchs topiques.

L’administration militaire s’apprête ainsi à consacrer des ressources substantielles à un programme que la science médicale estime injustifié, alors même que les symptômes observés chez les jeunes adultes trouvent le plus souvent leur source dans l’hygiène de vie ou l’environnement opérationnel plutôt que dans une pathologie endocrinienne intrinsèque.

Pete Hegseth's Testosterone Test Mandate: What Every US Military Man Needs To Know!

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