Parotidite suppurée bilatérale chez un nourrisson très prématuré

Un cas rare de parotidite suppurée bilatérale asymétrique associée à un staphylocoque doré sensible à la méticilline a été documenté chez une grande prématurée de 26 semaines et six jours de gestation. La prise en charge clinique a permis une guérison sans drainage chirurgical, illustrant la variabilité de cette infection rare. Les données du réseau néonatal coréen (Korean Neonatal Network) permettent d’analyser plus largement les issues néonatales chez les grands prématurés nés entre 23 et 27 semaines de gestation, dont 1 464 nourrissons exposés à une rupture prématurée des membranes.

Une patiente de 1 040 g admise en unité de soins intensifs

Selon les observations rapportées par Cureus, la patiente est un nourrisson de sexe féminin né à 26 semaines et six jours avec un poids de naissance de 1 040 g. Elle a été admise en unité de soins intensifs néonatals (USIN) pour cause de grande prématurité et de syndrome de détresse respiratoire.

Les antibiotiques empiriques débutés à la naissance ont été arrêtés après 48 heures en raison de hémocultures restées négatives.

C’est au cours de cette hospitalisation que le tableau clinique s’est complexifié avec l’apparition d’une tuméfaction préauriculaire bilatérale, révélant une affection rare chez les nouveau-nés extrêmement prématurés.

L'infection bilatérale présente des phases cliniques divergentes

L’atteinte bilatérale s’est manifestée de manière synchrone mais avec des phases cliniques nettement divergentes entre le côté gauche et le côté droit.

Du côté gauche, la glande parotide présentait une suppuration active avec écoulement de matériel purulent. Le côté droit présentait quant à lui une tuméfaction préauriculaire avec érythème qui a évolué vers une décompression spontanée par fistulisation cutanée.

La culture du matériel purulent recueilli du côté droit a mis en évidence la présence de Staphylococcus aureus sensible à la méticilline (MSSA). Face à cette infection bactérienne confirmée malgré des hémocultures initialement négatives et une protéine C-réactive (CRP) élevée, l’équipe médicale a adapté la stratégie thérapeutique.

L'antibiothérapie permet une guérison sans drainage chirurgical

La prise en charge a reposé sur une antibiothérapie intraveineuse ciblant le pathogène identifié, couplée à des mesures de soutien locales.

Le tractus fistuleux du côté droit a cicatrisé de façon spontanée sans nécessiter de soins infirmiers invasifs particuliers.

La protéine C-réactive a diminué pour atteindre 23 mg/L, et la tuméfaction bilatérale s’est complètement résorbée. L’enfant a ainsi achevé un cycle antibiotique de 14 jours, comprenant dix jours de traitement spécifique après la pose du diagnostic de parotidite, le tout sans recourir à un drainage chirurgical.

Plus de 90 cas recensés dans la littérature médicale

Selon les publications recensées par Cureus, les revues de la littérature scientifique indiquent que la parotidite suppurée néonatale demeure une affection rare, avec un peu plus de 90 cas recensés depuis la première série de 32 cas signalée dans la littérature.

Le Staphylococcus aureus est reconnu comme le pathogène prédominant, favorisé par la prématurité, la déshydratation et l’instrumentation oropharyngée, bien que les mécanismes exacts expliquant l’évolution divergente entre les deux glandes restent indéterminés.

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