Tylenol et grossesse : une nouvelle étude rassure les futures mamans
Londres – Les futures mamans peuvent respirer plus facilement. Une vaste étude publiée vendredi dans la revue The Lancet Obstetrics, Gynecology & Women’s Health apporte des éléments rassurants concernant l’utilisation de l’acétaminophène (connu aussi sous le nom de paracétamol ou Tylenol) pendant la grossesse. L’analyse, portant sur les résultats de près de 60 études, ne trouve aucun lien entre la prise d’acétaminophène, respectant les dosages recommandés, et un risque accru d’autisme, de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou de déficience intellectuelle chez l’enfant.
Cette nouvelle étude intervient alors que l’innocuité du Tylenol pendant la grossesse a été remise en question ces dernières années, alimentant l’inquiétude de nombreuses femmes enceintes. Certaines recherches antérieures avaient suggéré une possible association entre le médicament et des troubles neurodéveloppementaux, mais les résultats étaient contradictoires.
“Le message le plus clair est que les meilleures données disponibles ne soutiennent pas un lien de causalité entre la prise de paracétamol pendant la grossesse et l’autisme ou le TDAH chez les enfants”, explique la Dre Asma Khalil, co-auteure de l’étude et professeure d’obstétrique et de médecine maternelle-fœtale au St. George’s Hospital de Londres. “Les femmes enceintes devraient être rassurées : le paracétamol reste l’option de première intention recommandée pour soulager la douleur ou la fièvre, lorsqu’il est utilisé conformément aux instructions.”
Un débat relancé par des déclarations controversées
L’étude intervient dans un contexte particulier. En septembre dernier, l’ancien président américain Donald Trump avait mis en garde contre l’utilisation de Tylenol pendant la grossesse, affirmant qu’elle était “associée à un risque très accru d’autisme”. Des déclarations non étayées par des preuves scientifiques, qui ont semé la confusion et l’inquiétude. Son successeur à la tête du département de la Santé et des Services sociaux (HHS), Robert F. Kennedy Jr., a également alimenté ce débat.
[Insérer ici un tweet ou une publication Instagram de Donald Trump ou Robert F. Kennedy Jr. concernant le Tylenol et la grossesse, si disponible. Exemple : un lien vers un post X.com]
L’administration américaine avait alors publié une note à l’attention des médecins, reconnaissant l’absence de preuves concrètes liant le Tylenol à l’autisme, tout en soulignant que la question restait un sujet de débat scientifique. Kenvue, le fabricant de Tylenol, avait également réaffirmé la sécurité de son produit, se basant sur les recherches existantes.
Une analyse rigoureuse pour démêler le vrai du faux
La nouvelle étude se distingue par sa méthodologie rigoureuse. Les chercheurs ont notamment privilégié les études de comparaison entre frères et sœurs, une approche qui permet de mieux isoler l’effet du médicament en tenant compte des facteurs génétiques et environnementaux communs.
“Dans les analyses de comparaison entre frères et sœurs, l’exposition à l’acétaminophène pendant la grossesse n’était pas associée au trouble du spectre autistique, au TDAH ou à d’autres déficiences intellectuelles”, précisent les auteurs.
Pourquoi la prudence reste de mise
Malgré ces résultats rassurants, les experts soulignent l’importance de la prudence. La Dre Jessica B. Steier, de l’organisation Unbiased Science, rappelle que l’automédication est déconseillée pendant la grossesse et qu’il est essentiel de consulter un médecin en cas de fièvre ou de douleur persistante.
“Ne pas traiter la fièvre peut être dangereux pour la mère et le fœtus”, souligne-t-elle. “L’acétaminophène reste l’option la plus sûre lorsqu’un médicament est nécessaire.”
L’American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG) recommande également d’utiliser l’acétaminophène avec parcimonie, en respectant les doses prescrites et en signalant tout symptôme persistant à un professionnel de santé.
[Insérer ici un lien vers la page d’information de l’ACOG sur l’acétaminophène pendant la grossesse : https://www.acog.org/clinical-information/physician-faqs/acetaminophen-in-pregnancy]
L’HHS a quant à lui déclaré que l’étude ne résolvait pas la question de l’impact de l’acétaminophène sur la grossesse, estimant que la méthodologie utilisée privilégiait des résultats négatifs.
En conclusion, cette nouvelle étude apporte un éclairage important sur un sujet qui préoccupe de nombreuses futures mamans. Si elle ne doit pas encourager une consommation excessive, elle permet de rassurer quant à la sécurité de l’acétaminophène lorsqu’il est utilisé de manière appropriée pendant la grossesse. La clé reste la prudence, le respect des dosages et le conseil médical.
