Gaza : La voix palestinienne persiste malgré la répression, un cinéaste défie Cannes
Gaza/Cannes – La situation à Gaza résonne avec les efforts constants pour étouffer les récits palestiniens, soulignant une lutte qui dépasse les frontières géographiques et s’étend au monde de l’art et du cinéma. Le récent assassinat d’Awdah Hathaleen, militant palestinien et collaborateur sur le documentaire primé “No Land”, par un colon juif extrémiste en Cisjordanie, illustre la dangerosité à laquelle sont confrontés ceux qui cherchent à documenter la réalité palestinienne.
Cet événement tragique a coïncidé avec un mouvement croissant au sein de l’industrie cinématographique, où des professionnels appellent à des boycotts et signent des lettres ouvertes pour dénoncer la crise humanitaire en Palestine. Si cette prise de conscience est jugée tardive par certains, comme le producteur Mohammad Masharawi, elle est néanmoins perçue comme un pas dans la bonne direction. “Certaines choses, s’il arrive tard, c’est mieux que s’ils ne sont pas venus du tout”, a-t-il déclaré.
masharawi, pionnier du cinéma palestinien, est devenu en 1996 le premier Palestinien à présenter un long métrage à Cannes avec “Haïfa”. En 2024, il est retourné sur la Croisette, non pas pour célébrer, mais pour protester.Face à la volonté des organisateurs de maintenir l’événement à l’écart de la politique, Masharawi a installé des tentes rappelant les camps de Gaza et a organisé des projections au sol, symbolisant la résistance et la détermination à faire entendre la voix palestinienne.
Un héritage de résistance à travers le cinéma
Le cinéma palestinien, depuis ses débuts, a été un outil de résistance et de préservation de la mémoire collective. Confronté à des obstacles considérables – censure, manque de financement, toughés de déplacement et de production – il a néanmoins réussi à produire des œuvres puissantes qui témoignent de la vie quotidienne, des aspirations et des souffrances du peuple palestinien.
Des films comme “Chronicle of a Disappearing City” (2012) d’Elia Suleiman,une satire poétique sur la vie à Jérusalem-Est,ou “Paradise now” (2005) de Hany Abu-assad,qui explore les motivations de deux jeunes hommes se préparant à un attentat suicide,ont attiré l’attention internationale et suscité des débats importants.
L’importance de la narration
Masharawi insiste sur l’importance de continuer à “faire des films pour la vie, pour demain – pour le faire avec espoir”. Cette affirmation souligne le rôle crucial du cinéma dans la construction d’un avenir meilleur,en offrant une plateforme pour raconter des histoires,remettre en question les récits dominants et promouvoir la compréhension mutuelle.
Dans un contexte de conflit et d’oppression, le cinéma palestinien est plus que jamais nécessaire. Il est un témoignage de la résilience humaine, un appel à la justice et un acte de résistance culturelle. Il rappelle que, malgré les tentatives de suppression, “personne ne peut occuper votre creativity”.
