Le Pakistan frappe l’Afghanistan en riposte aux attentats, tensions à la frontière
KABOUL, Afghanistan (AP) – Le Pakistan a mené dimanche des frappes aériennes sur des cibles en Afghanistan, affirmant viser des bases de militants responsables de récents attentats sur son sol. L’opération a provoqué l’indignation de Kaboul, qui dénonce la mort de civils, dont des enfants, et a ravivé les tensions déjà vives entre les deux pays voisins.
Les bombardements, qualifiés de “frappes sélectives” par le ministère pakistanais de l’Information, ont ciblé des camps et refuges de combattants des Talibans pakistanais (TTP) ainsi qu’un groupe affilié à l’État islamique (EI). Islamabad justifie ces actions par une série d’attentats récents, dont un attentat suicide meurtrier dans une mosquée d’Islamabad début février qui a fait 40 morts.
“Le Pakistan s’est toujours efforcé de préserver la paix et la stabilité dans la région, mais la sûreté et la sécurité de nos citoyens demeurent notre priorité absolue”, a déclaré le gouvernement pakistanais dans un communiqué.
Cependant, le gouvernement afghan, dirigé par les Talibans, a fermement condamné les frappes, affirmant qu’elles ont tué des dizaines de civils dans les provinces de Nangarhar et de Paktika. Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement afghan, a dénoncé sur X (anciennement Twitter) ce qu’il considère comme des “crimes” commis par les “généraux pakistanais” pour masquer leurs propres faiblesses sécuritaires.
Des images diffusées par l’Agence France-Presse montrent des décombres et des bulldozers fouillant les ruines de bâtiments dans le district de Bihsud, à Nangarhar. Une source sécuritaire afghane a indiqué que 17 personnes, dont 12 enfants et adolescents, ont été tuées dans l’attaque contre une maison dans ce district.
Ces frappes interviennent dans un contexte de détérioration des relations entre Islamabad et Kaboul depuis la prise de pouvoir par les Talibans en 2021. Le Pakistan accuse l’Afghanistan d’abriter des militants armés qui mènent des attaques sur son territoire, une accusation que Kaboul nie.
Un rapport récent de la mission des Nations unies en Afghanistan (UNAMA) a révélé que les affrontements transfrontaliers entre le 1er octobre et le 31 décembre 2025 ont causé la mort de 47 civils afghans, un chiffre bien supérieur à celui enregistré annuellement depuis 2011.
La frontière terrestre entre les deux pays est fermée depuis mi-octobre, perturbant le commerce et la vie quotidienne des populations locales.
La situation est d’autant plus préoccupante que les tensions régionales sont déjà exacerbées par la présence de groupes militants et la situation humanitaire fragile en Afghanistan. Les frappes pakistanaises risquent d’aggraver l’instabilité et de compromettre les efforts de paix dans la région.
Contexte et impact public :
Les tensions frontalières entre le Pakistan et l’Afghanistan sont un sujet de préoccupation majeur pour la sécurité régionale et internationale. Le Pakistan, confronté à une recrudescence des attaques terroristes sur son sol, cherche à endiguer la menace en ciblant les groupes militants présumés basés en Afghanistan. Cependant, ces actions risquent de déstabiliser davantage un pays déjà en proie à des difficultés économiques et humanitaires.
Selon les données de l’ONU, l’Afghanistan est l’un des pays les plus touchés par les conflits et les catastrophes naturelles au monde. Plus de 23 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire urgente. La détérioration des relations avec le Pakistan pourrait entraver l’accès à l’aide et aggraver la situation humanitaire.
Ressources supplémentaires :
- Article du Monde (novembre 2025) : https://www.lemonde.fr/international/article/2025/11/08/entre-l-afghanistan-et-le-pakistan-des-negociations-en-echec-et-le-risque-d-une-reprise-des-hostilites_6652685_3210.html
- Rapport de l’UNAMA (février 2026) : (Lien vers le rapport de l’UNAMA une fois disponible)
- X (anciennement Twitter) de Zabihullah Mujahid : https://twitter.com/Zabihullah_M (Vérifier les publications récentes concernant les frappes)
