Les cadeaux des Oscars : un business florissant loin des paillettes officielles
LOS ANGELES, Californie – Vingt ans après l’arrêt des « goodie bags » officiels de l’Académie des arts et sciences du cinéma (AMPAS), une véritable course aux cadeaux bat son plein à Hollywood, alimentée par des « gifting suites » luxueuses et des influenceurs en quête de visibilité. Loin du glamour apparent, ce marché parallèle représente un business lucratif, mais aussi un terrain glissant en matière de fiscalité.
L’AMPAS, organisation à but non lucratif qui organise les Oscars depuis 1929, a mis fin à ses cadeaux officiels en 2006 suite à une intervention de l’IRS, l’administration fiscale américaine, qui les considérait comme une compensation non monétaire imposable. Mais l’appétit pour les cadeaux ne s’est pas tari pour autant.
Aujourd’hui, des entreprises comme Distinctive Assets, fondée par Lash Fary, se sont engouffrées dans la brèche. Fary, autoproclamé « gifting supremo », distribue des présents aux nominés des Oscars, des Grammy Awards et autres cérémonies prestigieuses, dans l’espoir d’une mention sur les réseaux sociaux.
« Chaque sac ‘Everybody Wins’ contient pour environ 350 000 dollars de cadeaux », explique Fary, en montrant des articles allant d’un T-shirt anti-ICE à un flosseur électrique de pointe, en passant par des séjours dans des villas de luxe à Costa Rica et en Ibiz. Il précise que les sacs sont livrés directement aux stars, parfois sous un pseudonyme, pour plus de discrétion.
Cette année, les cadeaux incluent même des sous-vêtements en fibres d’arbre et de zinc, vantés par Fary lui-même pour leur légèreté et leur respirabilité. Et, dans un clin d’œil à la légalisation du cannabis en Californie, cinq marques de cannabis sont également incluses.
Nathalie Dubois, de Dubois Pelin and Associates, est une autre figure clé de ce marché. Elle se concentre sur les marques de luxe traditionnelles, comme Gucci, Fendi et Chopard, et organise des événements où les célébrités doivent se déplacer pour récupérer leurs cadeaux. « Les célébrités ont tout », explique Dubois. « Il faut les intriguer, les surprendre. »
Si les organisateurs de ces cadeaux ne demandent pas de contrepartie publicitaire, l’objectif est clair : obtenir une exposition sur les réseaux sociaux. Viola Davis a par exemple posté des photos de son voyage offert à Hawaï, tandis qu’Amy Adams a été aperçue portant le T-shirt inclus dans son sac à la salle de sport.
Mais cette générosité n’est pas sans heurts. Dubois raconte des anecdotes sur des imposteurs tentant de récupérer les cadeaux, voire des individus escaladant les murs pour s’introduire dans les jardins des hôtels.
L’engouement pour ces cadeaux soulève également des questions sur l’éthique et la fiscalité. Bien que les organisateurs affirment qu’il n’y a pas d’obligation de réciprocité, l’influence potentielle de ces cadeaux sur les réseaux sociaux est indéniable.
Vidéo intégrée : Oscars 2026 : qui devrait gagner… et qui gagnera vraiment ? – The Guardian
