Les cours de l’or marquent le pas début octobre 2026, oscillant près de 4 147 dollars l’once. Cette stabilisation intervient alors que les marchés digèrent une baisse de l’inflation américaine en août et arbitrent entre les anticipations de politique monétaire de la Réserve fédérale et la fermeté des rendements obligataires.
Le métal jaune aborde le dixième mois de l’année dans une posture d’attente. D’après les données des marchés mondiaux, l’once s’échange autour de 4 146,66 dollars dans les premiers échanges, tandis que les contrats à terme américains sur l’or pour livraison en décembre affichent un repli de 0,3 % pour s’établir à 4 177 dollars. Cette transition mensuelle reflète un contraste saisissant entre la correction subie en septembre et la résilience affichée sur l’ensemble du troisième trimestre.
La volatilité de septembre et le bilan du troisième trimestre
Le mois de septembre a infligé au métal précieux sa plus forte correction mensuelle depuis juin. Les cours ont essuyé un recul de l’ordre de 6 % à 6,6 % selon les places, sous l’effet conjugué d’un resserrement monétaire amorcé par la Réserve fédérale et d’une tension marquée sur les marchés obligataires mondiaux.
Pourtant, la perspective trimestrielle demeure positive. Le marché a préservé un gain de 4 % sur l’ensemble du troisième trimestre, soutenus par des achats constants de la part des banques centrales et par une demande structurelle au-dessus du seuil des 4 100 dollars.

Comme l’ont indiqué les analystes de la banque HSBC dans une note de recherche : « À la suite des liquidations déclenchées par le conflit au Moyen-Orient, de la hausse des cours du pétrole, de l’inflation et des rendements qui ont soutenu le dollar, l’or a progressé à la faveur d’un regain d’intérêt des investisseurs à la fin de l’été. Toutefois, le relèvement des taux lors de la réunion du [Federal Open Market Committee] en septembre, les anticipations de nouvelles hausses et la fermeté des prix du pétrole ont rejeté l’or sur la défensive. »
De son côté, le marché vietnamien a enregistré des variations notables au premier octobre 2026, avec des prix de vente affichés par la plupart des détaillants entre 143 800 000 et 144 200 000 dongs vietnamiens le tael.

L’impact des indicateurs d’inflation américaine sur la trajectoire des taux
L’accalmie temporaire observée sur les cours trouve son origine dans les statistiques des prix à la consommation publiées fin septembre. L’indicateur privilégié de la banque centrale américaine pour l’inflation sous-jacente, soit l’indice des dépenses de consommation personnelle hors alimentation et énergie, a progressé de seulement 0,2 % au mois d’août, un rythme inférieur aux anticipations des analystes. Les données ont également montré que la lecture des pressions sur les prix en juillet a été révisée à la baisse.
Cette modération des pressions sur les prix a immédiatement modifié les anticipations des opérateurs de marché. La probabilité implicite d’une hausse des taux directeurs en octobre a chuté à environ 34 %, loin des 70 % évalués quelques jours plus tôt.
La pression des rendements obligataires et le tournant du rapport sur l’emploi
Malgré le répit offert par l’inflation, le marché des métaux précieux subit la concurrence directe des obligations souveraines. Les rendements des bons du Trésor américain se maintiennent à des niveaux élevés, l’échéance à 10 ans touchant des sommets inédits depuis deux décennies à 5,27 %, alourdissant le coût d’opportunité d’un actif sans rendement facial comme l’or.

Ramzi Abu Abdullah, analyste de marché chez Fiston Financial Consulting, a souligné que la vague de vente sur le marché obligataire devrait persister tant que les facteurs de soutien aux rendements demeurent en place, qualifiant l’atteinte du seuil de 6 % par les rendements obligataires de simple question de temps. Il a également indiqué que le métal jaune restera sous pression avec la progression des rendements obligataires, anticipant un retest des niveaux de 4 000 ou 3 900 dollars.
L’attention des investisseurs se tourne désormais vers le rapport officiel sur l’emploi américain à paraître ce vendredi. Les analystes anticipent une création de postes non agricoles en septembre, tandis que le taux de chômage devrait rester stable.
Sur le même sujet