Le maire de New York réitère son appel à la dissolution de l’unité d’intervention rapide de la police
NEW YORK (AP) – Le maire de New York, Zohran Mamdani, a réaffirmé mercredi son intention de démanteler le Strategic Response Group (SRG) de la police de New York, une unité controversée souvent déployée lors de manifestations et accusée de tactiques trop militaristes.
Mamdani a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il était en discussion avec le commissaire de police pour trouver une manière opérationnelle de procéder à cette dissolution. Il a souligné que cette décision ne serait pas motivée par des considérations budgétaires, mais par la nécessité de séparer les responsabilités de lutte contre le terrorisme des interventions policières lors d’exercices du droit à la liberté d’expression, garanti par le Premier Amendement de la Constitution américaine.
Le SRG, selon la NYPD, est chargé de répondre aux mobilisations à l’échelle de la ville, aux troubles civils et aux événements majeurs, en déployant du personnel hautement qualifié et du matériel spécialisé. L’unité est également déployée dans les zones nécessitant une présence policière accrue en raison de la criminalité ou d’autres conditions.
Cependant, le SRG est devenu un sujet de discorde au sein de la police new-yorkaise, faisant l’objet d’accusations de violence excessive et de militarisation, notamment lors de la gestion des foules lors de manifestations. En 2020, l’unité a été accusée d’avoir illégalement détenu plus de 100 manifestants lors des protestations déclenchées par la mort de George Floyd. Un accord amiable a été conclu en 2023 pour indemniser ces personnes.
Le comité de sécurité publique du conseil municipal a même organisé une audience sur le SRG en 2023, mais l’unité n’y a pas participé, invoquant des litiges en cours. Elle a toutefois soumis des témoignages écrits affirmant que le SRG est composé d’agents de police “hautement formés, soigneusement sélectionnés et professionnels”.
Ces agents, selon ces témoignages, sont appelés à intervenir dans des situations “stressantes, dangereuses et chaotiques”, comme les manifestations et les émeutes de l’été 2020.
La NYPD a réagi aux déclarations du maire en évoquant une manifestation qui s’est tenue mardi soir devant l’hôtel Hilton Garden Inn à Tribeca, contre la politique d’immigration de l’administration Trump. Soixante-quatre personnes ont reçu des contraventions pour intrusion et trouble à l’ordre public, et deux ont été inculpées pour résistance à l’arrestation et obstruction à l’exercice des fonctions publiques.
La NYPD a également souligné une déclaration du bureau du maire, qui se disait “satisfait de la réponse de la NYPD à la manifestation et du fait que la manifestation d’aujourd’hui s’est terminée sans violence”. Le SRG a participé à la réponse de la NYPD lors de cette manifestation.
La question de la dissolution du SRG s’inscrit dans un débat plus large sur la réforme de la police et la responsabilité des forces de l’ordre, un sujet particulièrement sensible aux États-Unis après les manifestations massives de 2020. Les critiques estiment que le SRG, avec son équipement et ses tactiques, contribue à une militarisation excessive de la police et à une érosion de la confiance du public.
Le débat sur le SRG met en lumière les tensions entre la nécessité de maintenir l’ordre public et la protection des droits constitutionnels des citoyens, notamment le droit de manifester pacifiquement. La décision finale concernant l’avenir de cette unité aura des implications importantes pour la police de New York et pour la manière dont la ville gère les manifestations et les troubles civils à l’avenir.
