Nvidia reprend la voie de la Chine après un feu vert de Trump pour ses puces d’IA
San Jose, Californie – Nvidia, géant américain des semi-conducteurs, se prépare à relancer les ventes de ses puces d’intelligence artificielle en Chine, après avoir reçu de multiples approbations du gouvernement américain et des commandes de clients chinois ces dernières semaines. Cette reprise intervient après une période d’incertitude liée aux restrictions à l’exportation imposées par l’administration Trump.
Jensen Huang, PDG de Nvidia, a annoncé mardi que l’entreprise avait "recommencé à fabriquer" les puces H200 destinées au marché chinois, suite à une pause imposée plus tôt cette année en raison de l’attente d’approbations réglementaires. "Nous avons été autorisés pour de nombreux clients en Chine pour la H200. Nous avons reçu des bons de commande de nombreux clients. Et nous sommes en train de redémarrer notre production", a-t-il déclaré lors de la conférence annuelle GTC de Nvidia à San Jose.
Cette volte-face est le résultat d’un accord conclu en décembre dernier avec la Maison Blanche, permettant à Nvidia de vendre les puces H200 – une génération derrière ses produits les plus récents – à la Chine, tout en reversant 25% des revenus de ces ventes aux États-Unis.
La reprise de la production avait été initialement freinée par des examens de sécurité nationale américains plus longs que prévu, ainsi que par l’hésitation de Pékin à autoriser les importations à grande échelle. Nvidia avait alors suspendu sa production.
L’administration Trump a justifié cette décision par la volonté de maintenir la position de leadership américaine en matière de technologie, tout en permettant à Nvidia de rester compétitive sur le marché mondial. "Le président Trump souhaite que les États-Unis conservent une position de leadership et un accès à la meilleure technologie de Nvidia", a souligné Huang. "Mais il souhaite également que nous soyons compétitifs dans le monde entier et que nous ne cédions pas ces marchés inutilement."
Le marché chinois des puces d’IA pourrait représenter jusqu’à 50 milliards de dollars, offrant ainsi un flux de revenus significatif pour Nvidia, dont la capitalisation boursière s’élève à 4,5 billions de dollars.
Cette décision intervient alors que Donald Trump a reporté une réunion prévue avec le président chinois Xi Jinping, où les exportations de technologies d’IA auraient dû être discutées, en raison de la situation au Moyen-Orient.
L’accès à la technologie Nvidia pourrait bientôt être ouvert aux géants technologiques chinois tels qu’Alibaba et ByteDance, mais l’approbation finale des régulateurs chinois reste nécessaire.
Cette évolution suscite des réactions mitigées à Washington, où certains responsables de la sécurité nationale expriment des inquiétudes quant à l’affaiblissement des contrôles à l’exportation sur les semi-conducteurs avancés.
