Novo Nordisk poursuit Hims & Hers pour vente de copies non autorisées de Wegovy, intensifiant la bataille pour le marché de l’obésité
COPENHAGUE – Novo Nordisk, le géant pharmaceutique danois, a intenté une action en justice contre le fournisseur de télésanté Hims & Hers, l’accusant de commercialiser à grande échelle des copies moins chères et non approuvées de son nouveau médicament contre l’obésité, Wegovy, ainsi que des injections similaires aux États-Unis. La poursuite, déposée lundi, vise à obtenir l’interdiction permanente de la vente de versions composées de ses médicaments et à recouvrer des dommages et intérêts.
L’affaire intervient alors que Novo Nordisk s’efforce de consolider sa part de marché sur le marché en plein essor des médicaments contre l’obésité, confronté à la concurrence d’Eli Lilly et à la prolifération d’alternatives composées. Le sémaglutide, ingrédient actif de Wegovy et de ses injections phares, n’est plus en rupture de stock aux États-Unis, grâce aux efforts de l’entreprise pour augmenter sa capacité de production. Pourtant, Novo estime qu’environ 1,5 million d’Américains utilisent encore des médicaments GLP-1 composés.
“Il s’agit d’une véritable escroquerie, et elle l’a été depuis la fin de la pénurie”, a déclaré John Kuckelman, conseiller juridique général de Novo Nordisk, dans une interview. “Le fait est que leurs médicaments ne sont pas testés et mettent les patients en danger”, a-t-il ajouté, soulignant que la sécurité, l’efficacité et la qualité des médicaments composés ne sont pas vérifiées par les autorités américaines.
Hims & Hers a annoncé samedi qu’elle cesserait de proposer sa nouvelle pilule de copie contre l’obésité après avoir été soumise à l’examen des autorités fédérales et aux menaces juridiques de Novo Nordisk. L’entreprise avait initialement prévu de proposer le médicament oral à partir de 49 dollars le premier mois, soit environ 100 dollars de moins que la pilule Wegovy approuvée par Novo Nordisk.
Dans un communiqué publié lundi, Hims & Hers a dénoncé la poursuite comme une “attaque flagrante d’une entreprise danoise contre des millions d’Américains qui dépendent des médicaments composés pour accéder à des soins personnalisés” et a qualifié cela d’un autre exemple de la manière dont les grandes entreprises pharmaceutiques “utilisent le système judiciaire américain pour limiter le choix des consommateurs”.
La Food and Drug Administration (FDA) a également intensifié la pression sur Hims & Hers, annonçant vendredi qu’elle prévoyait d’engager une action en justice contre l’entreprise pour la pilule, notamment en restreignant l’accès aux ingrédients et en la signalant au ministère de la Justice pour d’éventuelles violations.
Cette affaire met en lumière une zone grise réglementaire qui permet aux entreprises comme Hims & Hers de vendre des versions composées de médicaments brevetés lorsque les traitements de marque sont en rupture de stock. Novo Nordisk affirme que cette pratique est illégale maintenant que le sémaglutide est largement disponible.
Les actions de Novo Nordisk cotées à Copenhague ont grimpé de plus de 3 % lundi, tandis que les actions de Hims & Hers cotées à la Bourse de New York ont chuté de plus de 17 %.
Novo Nordisk a engagé environ 130 poursuites au cours des deux dernières années concernant des pratiques de marketing trompeuses et des fraudes aux consommateurs. Eli Lilly a également suivi une procédure juridique similaire avec le tirzépatide, l’ingrédient actif de son médicament contre l’obésité Zepbound et de son traitement contre le diabète Mounjaro, qui n’est plus en rupture de stock aux États-Unis.
Kuckelman a souligné que Novo Nordisk ne cherchait pas à interdire toutes les pratiques de composition, mais uniquement la “production massive de ce que vous appelez un médicament personnalisé, qui n’est en réalité qu’une variation de dosage”. La composition est autorisée dans des cas spécifiques où un médecin détermine qu’elle est médicalement nécessaire pour un patient, par exemple lorsqu’il ne peut pas avaler une pilule ou est allergique à un ingrédient spécifique d’un médicament de marque.
L’issue de cette bataille juridique pourrait avoir des implications importantes pour l’avenir du marché des médicaments contre l’obésité et l’accès des patients aux traitements. Elle soulève également des questions sur la réglementation des médicaments composés et la nécessité d’un équilibre entre l’innovation pharmaceutique et l’abordabilité des soins de santé.
