La guerre des puces s’intensifie : Nexperia Chine défie sa maison mère
La filiale chinoise de Nexperia a franchi une étape significative en annonçant la production, même à petite échelle, de puces utilisant des wafers de 12 pouces. Cette avancée creuse davantage le fossé avec sa société mère néerlandaise, qui ne dispose pas de capacités de fabrication pour ce diamètre de wafers. Un signal fort dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement.
Une rupture technologique et stratégique
Nexperia Chine affirme avoir atteint une “capacité indépendante de R&D et de production de masse” pour des dispositifs discrets bipolaires, des redresseurs Schottky et des dispositifs de protection contre les décharges électrostatiques. Ces semi-conducteurs de puissance de base sont également fabriqués par la société mère néerlandaise. Le refus de Nexperia Europe de commenter et l’absence de réponse immédiate de Nexperia Chine quant à ses sources d’approvisionnement en wafers de 12 pouces alimentent les spéculations.
WingSkySemi, le partenaire privilégié ?
Le fournisseur le plus probable pour ces wafers de 12 pouces serait WingSkySemi, une usine de fabrication basée à Shanghai et dirigée par Zhang Xuezheng, fondateur de Wingtech. En décembre dernier, des documents révélés par Reuters indiquaient que Nexperia Chine envisageait WingSkySemi comme source de wafers de qualité automobile, avec une capacité mensuelle annoncée de 30 000 wafers. D’autres fournisseurs potentiels incluent Shanghai GAT Semiconductor et United Nova Technology Co., une entreprise liée à SMIC.
Les racines du conflit : un contrôle contesté
Cette situation découle d’un conflit qui a débuté en octobre 2025, lorsque le gouvernement néerlandais a pris le contrôle de Nexperia auprès de Wingtech, invoquant des préoccupations liées à la gouvernance. Suite à cela, la partie néerlandaise a interrompu les livraisons de wafers aux usines chinoises de Nexperia, invoquant un non-paiement. Un tribunal néerlandais a également ordonné la destitution de Zhang Xuezheng de son poste de PDG de Nexperia.
En réponse, Pékin a restreint les exportations de puces finies de Nexperia, entraînant des pénuries qui ont affecté la production automobile, notamment chez Honda, qui a dû suspendre temporairement ses opérations en Chine et au Japon. Bien que certaines mesures restrictives aient été assouplies en novembre, les procédures judiciaires et la lutte pour le contrôle de l’entreprise se poursuivent.
Implications pour l’industrie et les chaînes d’approvisionnement
La capacité de Nexperia Chine à produire des puces de manière autonome, même à petite échelle, souligne la volonté de la Chine de renforcer son indépendance technologique et de sécuriser ses chaînes d’approvisionnement en semi-conducteurs. Cela pourrait conduire à une fragmentation accrue du marché mondial des puces et à une concurrence plus vive entre les fabricants.
FAQ : Les questions que vous vous posez
- Quel est l’impact de ce conflit sur les prix des puces ? Les perturbations de l’approvisionnement pourraient entraîner une hausse des prix, en particulier pour les puces “mature node”.
- Quelles sont les alternatives pour les entreprises européennes ? Diversifier les sources d’approvisionnement et investir dans la production locale de semi-conducteurs sont des pistes à explorer.
- Quel est le rôle des gouvernements dans ce conflit ? Les gouvernements jouent un rôle crucial en matière de régulation, de soutien à l’industrie et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement.
Nexperia China a affirmé avoir livré plus de 11 milliards de puces à plus de 800 clients depuis mi-octobre, malgré les difficultés. L’issue de la bataille juridique pour le contrôle de l’entreprise reste incertaine, mais une chose est claire : l’industrie des semi-conducteurs est entrée dans une nouvelle ère de tensions et de défis.
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