New York : Le bras de fer fiscal entre la mairie et les milliardaires menace l’équilibre économique de la ville
Par la Rédaction Économie | nouvelles-du-monde.com
NEW YORK – La tension est montée d’un cran ce mardi dans la capitale économique mondiale. Ce qui n’était qu’un débat sur la justice fiscale s’est transformé en une confrontation idéologique brutale entre l’administration du maire Zohran Mamdani et les figures de proue de l’immobilier et de la finance new-yorkaise.
Le point de rupture a été atteint lors de l’appel sur les résultats de Vornado Realty Trust, où Steven Roth, président et PDG du géant immobilier, a tenu des propos sans précédent. Pour Roth, la rhétorique « tax the rich » (taxer les riches), portée par le maire et certains politiciens, dépasse le cadre du débat économique pour devenir une forme de haine.
Une rhétorique jugée « haineuse »
Dans une déclaration choc rapportée par Fox Business, Steven Roth a comparé les slogans visant les hauts revenus à des « insultes raciales dégoûtantes ». Selon le milliardaire, présenter les contributeurs les plus riches comme des « ennemis » ou des « cibles » occulte leur rôle moteur dans l’économie locale.
« Les riches que les politiciens ciblent sont partis de rien ; ils sont l’incarnation du rêve américain », a martelé Roth. Il a rappelé un chiffre clé pour soutenir son argument : le 1 % des contribuables les plus aisés assurerait 50 % des recettes d’impôts sur le revenu de la ville de New York. Pour lui, ces investisseurs, qui sont également les principaux employeurs et philanthropes de la métropole, devraient être « loués et remerciés » plutôt qu’attaqués.
L’affaire Ken Griffin : le déclencheur d’une fuite vers Miami
Ce conflit s’inscrit dans un contexte plus large de rupture avec Ken Griffin, fondateur de Citadel. Le point de discorde ? Une vidéo publiée le 15 avril dernier par le maire Mamdani, filmée devant la résidence new-yorkaise de Griffin — un pied-à-terre de 2 400 mètres carrés acquis pour 238 millions de dollars en 2019.

L’objectif du maire était d’annoncer la création d’une nouvelle taxe sur les résidences secondaires (pied-à-terre). Pour Griffin, cette mise en scène était « creepy » (sinistre) et « bizarre ». Cette approche a renforcé sa décision d’étendre ses opérations commerciales vers Miami, signalant un désintérêt croissant des capitaux pour une ville qu’il juge hostile au succès.
Analyse du marché : Le déplacement des sièges sociaux de New York vers la Floride s’accélère. Entre l’absence d’impôt sur le revenu à Miami et un climat politique plus favorable, le “capital flight” devient un risque systémique pour NYC. #NYC #Economy #Taxation #RealEstate
— @EcoWorld_Analyst
La réponse de City Hall : une urgence sociale
Face aux accusations de haine, la mairie de New York reste ferme. Par la voix de son secrétaire de presse, Joe Calvello, l’administration Mamdani a défendu sa stratégie, la présentant non pas comme une attaque, mais comme une nécessité de survie pour la classe moyenne et les travailleurs.
« Notre système fiscal est fondamentalement brisé », a déclaré Calvello. « Il récompense la richesse extrême tandis que les travailleurs sont poussés vers le précipice. Le statu quo est insoutenable et injuste. »
L’administration souligne que pour que New York reste une ville abordable et compétitive, une réforme fiscale incluant une contribution plus juste des plus riches est indispensable.
Enjeu public : un équilibre fragile
Ce duel entre le pouvoir politique et le pouvoir financier soulève une question fondamentale pour l’intérêt public : comment financer les services urbains et le logement social sans provoquer l’exode des capitaux ?

D’un côté, la mairie tente de répondre à une crise du coût de la vie aiguë. De l’autre, des investisseurs comme Roth et Griffin avertissent que New York risque de perdre son attractivité si le climat des affaires devient toxique. Alors que la ville tente de se repositionner après des années de turbulences, ce rift entre City Hall et Wall Street pourrait redéfinir l’avenir économique de la mégapole.
