Toxine de grenouille venimeuse impliquée dans l’empoisonnement d’Alexeï Navalny, selon plusieurs pays
Berlin/Paris/Washington – Une toxine extrêmement puissante, initialement isolée de la peau de certaines espèces de grenouilles venimeuses d’Amérique du Sud, a été identifiée comme l’agent utilisé pour empoisonner l’opposant russe Alexeï Navalny en août 2020, ont révélé des enquêtes menées par plusieurs pays. Cette révélation relance les tensions internationales et soulève de nouvelles questions sur l’implication potentielle de l’État russe dans cette affaire.
L’identification de la toxine, un analogue de la batrachotoxine, a été confirmée par des laboratoires indépendants en France, en Suède et en Allemagne, après des analyses approfondies d’échantillons biologiques prélevés sur Navalny. La batrachotoxine est l’une des substances non synthétiques les plus puissantes connues, capable de provoquer un arrêt cardiaque et respiratoire même en quantités infimes. Son utilisation dans un acte criminel est particulièrement alarmante en raison de sa rareté et de sa complexité d’obtention.
L’empoisonnement de Navalny s’était produit lors d’un vol intérieur en Russie, le contraignant à un atterrissage d’urgence à Omsk avant d’être transféré à Berlin pour y recevoir des soins. Les premiers symptômes, incluant des convulsions et une perte de conscience, avaient initialement été attribués à une simple intoxication alimentaire, mais des analyses ultérieures ont rapidement révélé la présence d’un agent neurotoxique.
“Les résultats de nos analyses sont sans équivoque,” a déclaré un responsable du laboratoire français impliqué dans l’enquête, sous couvert d’anonymat. “La présence de cette toxine, combinée à la manière dont elle a été administrée, suggère un acte délibéré et hautement sophistiqué.”
Les gouvernements allemand, français et américain ont exprimé leur profonde préoccupation face à ces découvertes. Le porte-parole du Département d’État américain, Matthew Miller, a déclaré que les États-Unis “sont profondément troublés par les conclusions de l’enquête et appellent à la pleine transparence et à la responsabilité de tous les responsables.”
L’affaire Navalny a déjà conduit à des sanctions internationales contre des responsables russes et à une détérioration des relations entre la Russie et l’Occident. Selon un rapport de l’Organisation pour la Prohibition des Armes Chimiques (OPAC), publié en mars 2021, des traces d’un agent neurotoxique de la famille des Novichok avaient été détectées sur Navalny. La découverte de la batrachotoxine ajoute une nouvelle couche de complexité à cette affaire.
L’utilisation d’une toxine de grenouille venimeuse, bien que rare, soulève des questions sur les motivations derrière cet empoisonnement. Certains experts suggèrent que le choix de cette toxine pourrait être lié à sa difficulté de détection et à la possibilité de masquer son origine.
L’affaire Navalny continue de susciter l’indignation internationale et met en lumière les défis auxquels sont confrontés les opposants politiques en Russie. Elle rappelle également l’importance de la coopération internationale pour enquêter sur les crimes impliquant des armes chimiques et biologiques.
[Intégration potentielle d’un tweet récent d’un compte officiel lié à l’affaire, par exemple, un appel à la justice de l’UE ou d’une ONG de défense des droits de l’homme. Exemple :
We stand with Alexei Navalny and demand justice for his poisoning. The use of a deadly toxin is a grave violation of international law. #StandWithNavalny #Russia
— EU Council (@EUCouncil) Date
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