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Nancy Guthrie : Enquête sur la disparition en Arizona

L’enquête sur la disparition de Nancy Guthrie s’oriente vers la frontière et l’analyse génétique

Tucson, Arizona – L’inquiétude grandit alors que la recherche de Nancy Guthrie, 84 ans, entre dans sa troisième semaine. L’octogénaire a été enlevée de son domicile dans la région de Tucson le 1er février, et malgré l’implication du FBI et des autorités locales, la piste semble s’amenuiser.

Deux personnes ont été brièvement détenues puis relâchées, et aucune identité de suspect n’a été rendue publique. Le shérif du comté de Pima, Chris Nanos, a cependant assuré à NBC News que l’enquête reste active : “Tant que nous avons la possibilité de suivre une piste, l’affaire n’est pas classée.” Il a souligné que des milliers de pistes sont actuellement examinées.

L’enquête prend désormais une tournure plus large, s’étendant potentiellement au-delà de la frontière américaine. Compte tenu de la proximité de Tucson avec le Mexique – à environ une heure de route – les enquêteurs ont pris contact avec les autorités mexicaines. Bien qu’il n’existe aucune preuve que les ravisseurs aient traversé la frontière avec Mme Guthrie, cette collaboration vise à explorer toutes les pistes possibles.

Un gant, une vidéo et un sac à dos Walmart : les indices se multiplient

Un élément clé de l’enquête réside dans une vidéo de surveillance capturée par une caméra Nest installée sur le porche de Mme Guthrie. On y voit un individu masqué, vêtu d’un balaclava, de gants et portant un sac à dos, approcher du domicile dans la nuit du 1er février. L’homme, décrit comme mesurant entre 1,75 et 1,83 mètre pour une corpulence moyenne, est équipé d’une arme à feu visiblement attachée à sa taille. Il tente même de masquer l’objectif de la caméra.

Le FBI a identifié le sac à dos comme un modèle Ozark Trail Hiker Pack de 25 litres, vendu chez Walmart. Les enquêteurs collaborent avec l’enseigne pour tenter d’identifier l’acheteur. Ils ont également diffusé la vidéo dans les armureries de la région, espérant qu’un témoin reconnaisse l’individu.

Parallèlement, l’analyse d’un gant retrouvé à deux kilomètres du domicile de Mme Guthrie a révélé de l’ADN correspondant à celui porté par l’homme visible sur la vidéo. Malheureusement, cet ADN n’a pas permis d’obtenir de correspondance dans la base de données nationale CODIS. L’ADN prélevé à l’intérieur du domicile de la victime est également en cours d’analyse, sans résultat probant pour l’instant.

L’espoir renaît avec la généalogie génétique

Face à l’impasse de la base de données CODIS, les enquêteurs se tournent vers une technique de plus en plus utilisée dans les enquêtes criminelles : la généalogie génétique. Cette méthode consiste à comparer l’ADN retrouvé sur les lieux du crime avec des bases de données publiques contenant les profils génétiques de millions de personnes ayant effectué des tests ADN pour retracer leurs origines familiales.

“Si les enquêteurs disposent de l’ADN du kidnappeur, il sera identifié grâce à la généalogie génétique”, affirme CeCe Moore, généalogiste et cofondatrice de DNA Justice, une entreprise spécialisée dans ce type d’analyse. “C’est juste une question de temps.”

Cette technique a déjà permis de résoudre des affaires complexes, comme l’identification du “Golden State Killer” et la condamnation de Bryan Kohberger pour le meurtre de quatre étudiants en Idaho. Cependant, l’accès aux bases de données génétiques reste limité. Les entreprises Ancestry.com, 23andMe et MyHeritage refusent de coopérer avec les forces de l’ordre sans une ordonnance judiciaire. Les bases de données GEDmatch, FamilyTreeDNA et DNA Justice, plus petites, sont ouvertes à la collaboration policière.

Un appel à l’aide et une récompense substantielle

L’affaire a suscité une forte émotion dans la communauté. Un donateur anonyme a offert 100 000 dollars supplémentaires à l’organisation 88-CRIME pour toute information menant à l’arrestation du ou des responsables de la disparition de Mme Guthrie. Cette somme s’ajoute aux 100 000 dollars offerts par le FBI.

Les enquêteurs ont également déployé une technologie de “détection de signaux” pour tenter de localiser le pacemaker de Mme Guthrie. La société Parsons Corp a confirmé avoir déployé des unités BlueFly, capables de détecter les signaux Bluetooth et Wi-Fi émis par les dispositifs médicaux, sur des véhicules aériens et terrestres.

La disparition de Nancy Guthrie met en lumière la vulnérabilité des personnes âgées et la complexité des enquêtes sur enlèvement. L’espoir repose désormais sur la reconnaissance du suspect dans la vidéo de surveillance et sur les avancées de la généalogie génétique. L’enquête se poursuit avec acharnement, dans l’espoir de retrouver Mme Guthrie saine et sauve.

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