Yoweri Museveni remporte un septième mandat controversé en Ouganda, l’opposition dénonce des fraudes massives
Kampala, Ouganda – Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 40 ans, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle ougandaise, selon les résultats annoncés par la commission électorale. Cette victoire, la septième pour le président de 81 ans, est contestée par l’opposition qui dénonce des “fraudes massives” et des irrégularités généralisées.
Museveni a obtenu 71% des voix, tandis que son principal challenger, le musicien devenu homme politique Kyagulanyi Ssentamu, plus connu sous le nom de Bobi Wine, a recueilli 24% des suffrages.
Bobi Wine a immédiatement rejeté les résultats, qualifiant les élections de “farce” et accusant le gouvernement de manipulation du scrutin. Il affirme que ses agents électoraux ont été enlevés, que des bulletins de vote ont été bourrés et que l’accès à l’information a été restreint. “Les résultats annoncés sont faux”, a-t-il déclaré, appelant ses partisans à ne pas les reconnaître.
La campagne électorale a été marquée par une répression accrue contre l’opposition. Bobi Wine a régulièrement dénoncé les intimidations, les arrestations et les violences policières visant ses partisans. Il a même été contraint de faire campagne en portant un gilet pare-balles et un casque, en raison des préoccupations concernant sa sécurité.
Le jour du scrutin, l’Ouganda a été coupé du monde avec une interruption totale de l’accès à internet et des restrictions imposées aux médias. Cette censure a empêché la diffusion en temps réel des informations sur le déroulement des élections et a alimenté les soupçons de fraude.
Ugandan opposition leader: ‘the election is being rigged’
La police a confirmé avoir encerclé le domicile de Bobi Wine, mais a affirmé qu’il était libre de quitter les lieux, bien que l’accès à la propriété soit contrôlé. Selon un porte-parole de la police, cette mesure vise à prévenir toute incitation à la violence.
Cette élection intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la démocratie en Ouganda. Depuis son accession au pouvoir en 1986, Museveni a modifié la constitution à plusieurs reprises pour prolonger son mandat, suscitant des critiques de la part de l’opposition et des organisations internationales de défense des droits de l’homme.
L’Ouganda, un pays d’Afrique de l’Est comptant plus de 45 millions d’habitants, est confronté à des défis économiques et sociaux importants, notamment la pauvreté, le chômage et la corruption. La stabilité politique du pays est également menacée par les tensions ethniques et les conflits régionaux.
La situation actuelle en Ouganda soulève des questions sur l’avenir de la démocratie dans le pays et sur la possibilité d’une transition pacifique du pouvoir. La communauté internationale appelle au calme et à une enquête indépendante sur les allégations de fraude électorale.
Police presence at Bobi Wine’s residence. Pic: Facebook/Bobi Wine
