Mozambique lutte contre des inondations dévastatrices, exacerbées par le changement climatique
Mexinguine, Mozambique – Les rives brisées du fleuve Limpopo sont à peine visibles sous une vaste étendue d’eau stagnante et brunâtre, témoignant de l’ampleur des inondations qui ravagent le sud du Mozambique. Plus de 400 000 personnes ont été affectées dans la province de Gaza seule, une région où une superficie de 10 000 kilomètres carrés – l’équivalent de la taille de Chypre – est désormais submergée.
L’accès aux communautés isolées se fait principalement par voie aérienne. Depuis un hélicoptère de Mercy Air, acheminant de l’aide alimentaire, le paysage est décrit comme “dévastateur”. “Cette île est trop grande pour être évacuée. Mais toutes leurs rizières et leurs cultures sont situées à l’extérieur, dans la zone inondée”, explique Samuel Lips, le pilote, alors qu’il se dirige vers Mexinguine.
Mexinguine n’est pas une île naturelle, mais une conséquence directe du changement climatique. Les routes reliant la communauté au reste du pays ont disparu, forçant les habitants à se réfugier sur les rares parcelles de terrain surélevé qui subsistent. Un terrain de football, autrefois lieu de rassemblement, est désormais englouti, tout comme l’hôpital local, selon les observations de l’équipe de reportage.
La situation humanitaire est critique. Les besoins immédiats sont immenses : nourriture, eau potable, abris et médicaments. Luis Mauricio, infirmier dans une clinique de fortune, décrit la situation : “Nous avons besoin de nourriture. Nous, les intervenants, avons besoin de nourriture à distribuer. Nous avons besoin d’eau. Nous avons besoin d’abris car il n’y a pas d’intimité pour les gens. Nous avons besoin de médicaments.”
Les patients affluent, souffrant de maladies infectieuses aggravées par les conditions insalubres. Raqualina Tamele, une patiente, témoigne : “Nous sommes en vie, mais les inondations nous causent des problèmes. Nous toussons, nous n’avons pas d’endroit où vivre, nous n’avons pas de nourriture, nous n’avons pas d’eau – l’eau que nous buvons est contaminée par ces inondations.” L’infirmier Mauricio signale une augmentation des cas de diarrhée, de vomissements et de malaria, touchant particulièrement les enfants.
Le gouvernement mozambicain a reporté le début de l’année scolaire de près d’un mois, car les inondations ont affecté 431 écoles, dont 80 servent désormais d’abris d’urgence et 218 sont coupées du monde. Plus de 420 000 élèves sont touchés à l’échelle nationale.
Gaspar Sitefane, directeur pays de WaterAid Mozambique, souligne la vulnérabilité du Mozambique face aux événements climatiques extrêmes. “Le changement climatique a un impact réel sur la météo, et nous le ressentons vivement. Être près de la mer et entouré de nombreux pays aggrave notre situation”, explique-t-il. “Toutes les pluies qui tombent en Afrique du Sud, au Zimbabwe, en Eswatini et au Malawi finissent par traverser le Mozambique pour atteindre la mer, emportant tout sur leur passage : les gens, nos animaux, nos fermes – presque tout.”
Les organisations humanitaires se mobilisent pour acheminer de l’aide, mais la tâche est immense. Des écoles ont été transformées en abris d’urgence, accueillant des centaines de personnes qui ont tout perdu. Shafi Sadat, le maire de Marracuene, a personnellement participé aux opérations de sauvetage, évacuant plus de 3 200 personnes. “Nous devons les nourrir – le matin, l’après-midi et le soir. Il y a beaucoup de dégâts – en agriculture, nous avons tout perdu. Nous n’avons rien. Les gens ici vivent de l’agriculture”, déclare-t-il.
Les habitants se souviennent que des inondations d’une telle ampleur n’avaient pas été observées depuis 1977. La situation actuelle souligne l’urgence d’une action concertée pour atténuer les effets du changement climatique et renforcer la résilience des communautés vulnérables.
[Intégration potentielle d’un tweet ou d’une publication Instagram d’une organisation humanitaire sur le terrain, par exemple, la Croix-Rouge ou l’UNICEF, illustrant l’aide apportée.]
Ce désastre met en évidence la nécessité d’investissements accrus dans les infrastructures résilientes au climat, les systèmes d’alerte précoce et les programmes d’adaptation pour protéger les populations les plus exposées aux conséquences du changement climatique. Le Mozambique, comme de nombreux pays d’Afrique australe, est en première ligne de cette crise mondiale et a besoin d’un soutien international continu pour faire face à ces défis croissants.
