Escalade au Moyen-Orient : Attaques en Iran, Qatar et Arabie Saoudite font grimper les prix du pétrole et suscitent des inquiétudes
TÉHÉRAN, Iran – Une série d’attaques à travers le Moyen-Orient a secoué les marchés de l’énergie et alimenté les craintes que le conflit ne connaisse pas de fin prochaine. Le prix du pétrole brut Brent se rapproche d’un sommet sur 52 semaines après qu’Israël a frappé un important champ gazier en Iran, tandis que des frappes iraniennes ont causé des dégâts considérables à un important centre de carburant qatari.
Selon un reportage diffusé par PBS News Hour, Israël a visé South Pars, le plus grand champ gazier du monde, dans le sud de l’Iran. Parallèlement, Israël a poursuivi sa campagne visant à éliminer des figures clés du régime iranien, notamment le ministre du renseignement iranien Esmail Khatib, sanctionné par les États-Unis pour violations des droits de l’homme et cyberattaques.
En réponse, l’Iran a émis des avertissements d’évacuation sans précédent pour les installations énergétiques à travers le Golfe. Des explosions ont été signalées en Arabie Saoudite et le Qatar a admis avoir subi des « dégâts considérables » à un centre énergétique majeur. Le Qatar a également expulsé les diplomates iraniens.
Ces attaques ont ravivé les craintes d’une crise mondiale de l’approvisionnement pétrolier et d’une hausse des prix. Le président américain Donald Trump a averti l’Iran qu’il « ferait exploser » le champ gazier de South Pars si celui-ci attaquait à nouveau le Qatar.
Tensions politiques et divergences d’interprétation
Les événements ont également mis en lumière des divergences au sein du gouvernement américain concernant l’évaluation de la menace iranienne. Lors d’une audience du Comité sénatorial du renseignement, des sénateurs ont exprimé leur préoccupation quant à un possible décalage entre les informations fournies par la communauté du renseignement et les déclarations du président Trump.
Le sénateur Angus King (I-ME) a interrogé les responsables du renseignement sur la communication des évaluations de la menace iranienne au président. La directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, a affirmé que la communauté du renseignement avait prévenu que l’Iran pourrait utiliser le détroit d’Ormuz comme levier.
Des échanges tendus ont eu lieu entre les sénateurs et les responsables du renseignement concernant les déclarations du président Trump minimisant la menace iranienne. Le sénateur Jon Ossoff (D-GA) a souligné qu’il incombe à la communauté du renseignement de déterminer ce qui constitue une menace pour les États-Unis.
Doutes sur l’efficacité de la stratégie américaine
La démission du directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, Joe Kent, au lendemain des frappes, a également soulevé des questions sur la stratégie américaine. Kent avait écrit que l’Iran ne représentait aucune menace imminente pour la nation.
La directrice Gabbard a cependant affirmé que, selon une opération nommée « Operation Midnight Hammer », le programme d’enrichissement nucléaire iranien avait été « anéanti » et qu’il n’y avait eu aucune tentative de le reconstruire depuis. Cette affirmation contredit les déclarations du président Trump selon lesquelles l’Iran chercherait à reconstruire son programme nucléaire.
Parallèlement, les frappes israéliennes se sont intensifiées au Liban, avec une frappe aérienne à Beyrouth qui a réduit un immeuble résidentiel en ruines. L’armée israélienne a affirmé que l’immeuble abritait des millions de dollars destinés au Hezbollah et a averti les habitants avant la frappe. L’Iran a également lancé une salve de missiles sur Israël, dont certains contenaient des bombes à fragmentation, tuant un couple dans un appartement près de Tel Aviv.
