Une enquête médico-légale a débuté mercredi à Londres sur la mort de Jason Arday, ex-professeur à l’université de Cambridge.
L’affaire entourant le décès de l’universitaire secoue profondément la Grande-Bretagne et ravive des tensions intenses au sein du monde académique et médiatique. Jason Arday, enseignant de sociologie de l’éducation, était entré dans l’histoire en 2023 à l’âge de 37 ans en devenant le plus jeune professeur noir de l’université de Cambridge, un statut qui l’avait propulsé sous les feux de l’actualité au-delà du strict cercle universitaire. Retrouvé sans vie à son domicile du sud de Londres, il faisait l’objet d’une enquête interne menée par son institution suite à des allégations de plagiat visant sa thèse de doctorat.
Les audiences médico-légales et l’absence de tout acte criminel
Une première audience de l’enquête médico-légale s’est tenue à Londres, dirigée par le coroner Julian Morris. Des membres de la famille de l’universitaire ont suivi en ligne cette brève séance de cinq minutes, qui s’est conclue sans qu’aucune date n’ait encore été fixée pour la suite des investigations. La police londonienne a formellement écarté l’hypothèse d’un acte criminel, constatant que la scène ne présentait aucun signe suspect. Bien que la thèse du suicide s’impose comme l’hypothèse centrale, le coroner attend désormais la remise officielle de plusieurs rapports avant de tirer des conclusions définitives.
La famille de Jason Arday a vivement réagi à la suite de ce drame, pointant du doigt la pression subie par l’universitaire ces derniers mois. Les proches du défunt ont dénoncé publiquement que Jason avait été la cible de la cruauté publique, décrivant cette exposition médiatique comme un fardeau trop lourd à porter pour n’importe quel homme. Peiné par ces remous, l’enseignant avait lui-même confié à ses proches le poids de ces attaques avant son décès, déclarant selon la presse que les interrogations répétées sur son intégrité étaient destructrices pour l’âme
.
Les accusations de plagiat et la violente polémique médiatique
L’origine de la controverse remonte au mois de juillet, lorsqu’un autre universitaire ayant lui-même été démis de ses fonctions en 2024 a affirmé avoir découvert des cas de plagiat dans les travaux de Jason Arday. Cette sortie a immédiatement enflammé les colonnes de la presse britannique et les réseaux sociaux. Certains commentateurs ont cherché à exploiter l’affaire pour affirmer que l’enseignant avait indûment profité des programmes de diversité et d’inclusion, tandis que ses partisans ont souligné le rôle du racisme dans cet examen minutieux.
Dans son unique entretien accordé au journal The Times avant sa disparition, le sociologue s’était défendu avec force face à ces attaques répétées.
Jason Arday, enseignant de sociologie de l’éducation
Sa famille évoque aujourd’hui une campagne de désinformation
orchestrée pour ternir durablement sa réputation.
Le rôle et les responsabilités des institutions face au drame
Au lendemain du décès, le débat public s’est rapidement déplacé sur le positionnement des institutions et des médias. Lord Woolley, directeur de Homerton College à Cambridge, s’est exprimé dans le Telegraph en qualifiant la couverture médiatique de la plus horrible, toxique et vicieuse des chasses aux sorcières. Du côté du Guardian, l’analyse pointe vers une distorsion du débat public, estimant que Jason Arday a été transformé en un symbole politique portant des charges trop lourdes pour un seul homme.
Parallèlement, la classe politique s’est emparée du dossier. Le député conservateur James Cleverly a exprimé sa colère dans les colonnes du Telegraph, estimant que la situation n’aurait jamais dû aller aussi loin et critiquant l’attitude de l’université. Selon lui, les établissements académiques ont parfois tendance à utiliser les profils de leurs chercheurs comme des vitrines promotionnelles plutôt que d’assurer un encadrement et des vérifications rigoureuses en amont de leurs nominations de prestige.
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