Home DivertissementMon père a tué Bourguiba : Un film tunisien personnel Fatma Riahi : Coup d’État, famille et mémoire en Tunisie “Mon père a tué Bourguiba” : Exploration d’un passé familial tunisien Tunisie : Un film sur un complot manqué contre Bourguiba Le film “Mon père a tué Bourguiba” présenté à Thessalonique

Mon père a tué Bourguiba : Un film tunisien personnel Fatma Riahi : Coup d’État, famille et mémoire en Tunisie “Mon père a tué Bourguiba” : Exploration d’un passé familial tunisien Tunisie : Un film sur un complot manqué contre Bourguiba Le film “Mon père a tué Bourguiba” présenté à Thessalonique

L’héritage d’un complot manqué : une cinéaste tunisienne revisite le passé familial

THESSALONIQUE, Grèce – La réalisatrice tunisienne Fatma Riahi plonge au cœur de l’histoire familiale et politique de son pays avec son deuxième long métrage, “My Father Killed Bourguiba”. Le film, présenté au Thessaloniki International Documentary Festival, explore les conséquences d’une tentative de coup d’État ratée contre Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie après son indépendance, et l’impact durable de cet événement sur sa famille.

Loin d’être un récit politique classique, “My Father Killed Bourguiba” est avant tout une introspection personnelle. Riahi revisite les archives familiales, des photographies aux lettres échangées avec son père, Mabrouk, pendant son emprisonnement, pour comprendre les motivations qui l’ont poussé à rejoindre le “Groupe de Sécurité”, un mouvement conservateur opposé au régime de Bourguiba.

Le complot, orchestré en 1987, échoua dans des circonstances singulières – le titre du film fait référence à une phrase maladroite prononcée par la sœur de Riahi, alors âgée de cinq ans, à un gardien de prison. Pourtant, les répercussions furent profondes, bouleversant la vie de la famille Riahi.

“J’ai grandi entre deux idées apparemment opposées : la vision politique de mon père et celle défendue par Bourguiba”, explique Riahi, interrogée par Variety à Thessalonique. “Plutôt que de résoudre cette contradiction, le film m’a permis de l’accepter dans toute sa complexité.”

Le film intervient dans un contexte tunisien marqué par les divisions et les traumatismes du passé. Bourguiba, bien que considéré comme le “père de la Tunisie” pour avoir mené le pays à l’indépendance face à la France, était également perçu par certains comme un dirigeant autoritaire.

L’arrestation de Mabrouk et de ses complices, deux mois après le coup d’État réussi de Zine El Abidine Ben Ali contre Bourguiba, marqua le début d’une période de harcèlement systématique pour la famille Riahi. Pendant des années, ils ont vécu dans la peur et le silence.

Ce silence fut brisé en 2011, avec le soulèvement populaire qui renversa le régime Ben Ali. La création d’une Commission Vérité et Dignité en Tunisie permit à Riahi et à sa sœur de témoigner en 2017, partageant publiquement pour la première fois leur histoire.

“C’était la première fois que je parlais devant une caméra, devant des inconnus, et même devant ma sœur, de cette période de l’histoire de notre famille”, confie Riahi. “J’ai découvert le pouvoir de la confession.”

Aujourd’hui, en tant que mère, Riahi réfléchit à l’héritage qu’elle laissera à ses enfants. Elle aspire à leur transmettre un message d’honnêteté, de remise en question et de courage, afin qu’ils ne soient pas prisonniers des silences et des peurs du passé.

“J’essaie de ne pas transmettre de traumatisme, de peur ou de tristesse à mes enfants”, dit-elle. “Je parle à mon fils aîné de la révolution, de la Tunisie et de son grand-père, mais je reste très sélective.”

“My Father Killed Bourguiba” est une œuvre intimiste et universelle, qui explore les thèmes de la mémoire, de la famille et de la réconciliation. Un film qui, selon Riahi, pourrait contribuer à apaiser les divisions qui persistent en Tunisie et à favoriser une meilleure compréhension mutuelle.

Le film est une production de Nomadis Images, en co-production avec SVP Production. Le Thessaloniki International Documentary Festival se déroule du 5 au 15 mars.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.