La voiture à l’agonie ? Un plan choc pour reconquérir les rues aux piétons et aux transports en commun
Paris, France – Alors que l’urgence climatique et les enjeux de mobilité se font de plus en plus pressants, une étude du Forum Vies Mobiles, publiée ce mardi 16 septembre, propose une vision radicale : réduire de près de la moitié l’espace routier dédié à la voiture en France. L’objectif ? Offrir plus de place aux piétons, aux cyclistes et aux transports en commun.
L’étude, financée par la SNCF, remet en question l’omniprésence de la voiture, estimée à 80% des kilomètres parcourus en France, en la qualifiant de contrainte plus que de choix. elle souligne que de nombreux français seraient prêts à adopter d’autres modes de transport si des alternatives viables et accessibles étaient disponibles. Un tiers de la population ne conduit pas, et une part significative n’a tout simplement pas les moyens de posséder ou d’utiliser un véhicule.
Ce constat s’appuie sur une analyse plus fine des réalités territoriales françaises. Sylvie Landriève, directrice du Forum Vies Mobiles, dénonce un manque de représentation des réalités intermédiaires entre les grandes villes et les zones rurales. Les habitants des périurbes et des communes rurales sont particulièrement dépendants de la voiture, faute d’infrastructures alternatives adaptées.
Un héritage automobile coûteux et inégalitaire
La domination de la voiture en France est le fruit d’un développement urbain et d’une politique des transports privilégiant l’automobile pendant des décennies. Ce modèle a engendré des conséquences multiples : congestion routière, pollution atmosphérique, artificialisation des sols, et inégalités d’accès à la mobilité.
Historiquement, l’essor de la voiture a été encouragé par des politiques publiques favorisant la construction de routes et d’autoroutes, ainsi que par des incitations financières à l’achat de véhicules. Cette orientation a conduit à une dépendance automobile généralisée, rendant difficile le développement d’alternatives durables.Vers une refonte de la mobilité ?
L’étude du Forum Vies Mobiles propose donc un changement de paradigme, en envisageant une réduction significative de l’espace routier dédié à la voiture.Cette libération d’espace pourrait être réaffectée à des infrastructures pour les modes de transport doux (pistes cyclables, trottoirs élargis) et aux transports en commun (bus, tramways, trains).
Cette change nécessiterait des investissements massifs dans les infrastructures alternatives, ainsi qu’une refonte des politiques de mobilité. Il s’agirait notamment de développer des réseaux de transports en commun performants et accessibles, de promouvoir l’intermodalité (combinaison de différents modes de transport), et de mettre en place des mesures incitatives pour encourager l’utilisation des modes de transport durables.La question de la mobilité est au cœur des enjeux environnementaux et sociaux du XXIe siècle. La reconquête des rues aux piétons et aux transports en commun pourrait contribuer à créer des villes plus agréables à vivre, plus durables et plus équitables.
