Athènes : Projet controversé du siège social de PPC menace un quartier résidentiel
Athènes, Grèce – Un projet de construction massif mené par le Public Power Corporation (PPC), l’entreprise publique d’électricité grecque, suscite l’indignation des habitants d’un quartier résidentiel d’Athènes.Le projet, qui prévoit la construction d’un siège social de 123 000 mètres cubes sur un terrain de 19,5 mètres de haut, est accusé de détruire le caractère du quartier et de nuire à la qualité de vie des résidents.
Le nouveau bâtiment, situé sur l’avenue Mesogeion, est érigé sur un terrain adjacent de 1,2 acre acquis auprès de la Banque Nationale. Les riverains dénoncent une série de nuisances déjà en cours,notamment la pollution sonore,des fissures dans leurs habitations et le non-respect des heures de travail. Ils se plaignent également d’un manque de soutien de la part des autorités locales et de la police.
Le projet est d’autant plus controversé qu’il bénéficie des incitations prévues par un nouveau règlement de construction (NOK), récemment déclaré inconstitutionnel par le Conseil d’État (COE) en décembre 2024.
Les habitants craignent que le nouveau siège social de PPC n’entraîne une augmentation massive du trafic routier, une pollution accrue et des risques pour la santé, notamment en raison de la proximité d’une maternelle, de deux écoles et d’un hôpital. Ils dénoncent également la possible construction d’un center commercial au sein du complexe, transformant un quartier résidentiel en zone commerciale.
Ce projet s’inscrit dans un contexte plus large de délocalisation des ministères du centre-ville d’Athènes, laissant le champ libre à des entreprises comme PPC, qui se diversifient dans l’immobilier. Les critiques accusent PPC d’utiliser les bénéfices tirés d’une augmentation des tarifs de l’électricité pour financer ce projet ambitieux, qualifié de “modèle PPC” par ses promoteurs.
Un comité de recherche local s’est constitué pour s’opposer aux travaux et appelle à un arrêt immédiat de la construction. Les habitants demandent également à la municipalité de ne pas céder le terrain de la Banque Nationale à PPC et de protéger le quartier contre une transformation qu’ils jugent destructrice.
Ce conflit met en lumière les tensions croissantes entre développement économique et préservation de la qualité de vie dans les centres urbains grecs,et soulève des questions sur la transparence et la responsabilité des entreprises publiques dans les projets de construction à grande échelle. L’affaire pourrait également avoir des répercussions sur d’autres projets immobiliers bénéficiant des incitations du règlement NOK désormais contesté.
