Zimbabwe : Figure du Zanu-PF suspendue pour critiques et « inconduite »
Harare, Zimbabwe – Un haut responsable du parti Zanu-PF, tout juste réintégré dans ses fonctions après une suspension antérieure, a été suspendu de ses fonctions au sein du parti, accusé d’avoir publiquement critiqué la direction et d’avoir tenu des propos désobligeants.
L’annonce,faite par le comité disciplinaire provincial du Nord de Matabeleland,intervient après des plaintes déposées par le bureau du district du Zanu-PF (DCC) contre le député de Bubi,Tongai Sibanda. Selon le comité, Sibanda a « embarrassé la direction du DCC » en rendant publiques ses critiques via les médias traditionnels et les réseaux sociaux.
La suspension, effective immédiatement depuis le 24 août, interdit à Sibanda d’exercer ses fonctions au sein du Zanu-PF, de pénétrer dans les bureaux provinciaux du parti, et de participer à des réunions ou rassemblements organisés par le Zanu-PF. Une audience disciplinaire est prévue le 19 novembre,et Sibanda a reçu un délai de 21 jours pour répondre aux accusations portées contre lui.
Cette nouvelle suspension intervient moins d’un an après un épisode similaire. En juillet dernier, le président Emmerson Mnangagwa avait limogé Sibanda de son poste ministériel avant de le réintégrer quelques semaines plus tard, après des excuses présentées par le ministre. L’incident qui avait déclenché le premier limogeage concernait une décision controversée de transférer un enseignant spécialisé en développement de la petite enfance, sous prétexte d’une maîtrise insuffisante de la langue Isindebele.
Contexte et enjeux :
Le Zanu-PF,au pouvoir au Zimbabwe depuis l’indépendance en 1980,est souvent critiqué pour son manque de tolérance envers la dissidence interne. Les purges et les suspensions de membres du parti sont fréquentes, particulièrement en période de tensions politiques ou de luttes de pouvoir.
Cet incident met en lumière les fractures potentielles au sein du Zanu-PF et la pression exercée sur les membres pour maintenir une façade d’unité. La réintégration puis la nouvelle suspension de Sibanda soulignent également la complexité des dynamiques politiques au Zimbabwe, où les décisions peuvent être rapidement annulées et les alliances fragiles.
L’affaire Sibanda pourrait également avoir des implications plus larges, en particulier en ce qui concerne la liberté d’expression et le débat politique au Zimbabwe. La suspension d’un parlementaire pour des critiques publiques pourrait être perçue comme une tentative d’étouffer la dissidence et de contrôler le discours politique.
